Conversation croisée : musique, pratique et esthétique numérique

À l’occasion de la sortie de leurs deux essais "Musiques numériques, essai sur la vie nomade de la musique" (Joseph Ghosn, Seuil) et "Digital Magma, de l’utopie des rave parties à la génération MP3" (Jean-Yves Leloup, Le Mot Et Le Reste), les deux auteurs, journalistes et musiciens (à leurs heures) débattront, sous forme de conversation croisée, de l’impact esthétique de la révolution numérique dans le domaine de la création musicale comme celui de l’écoute.

En savoir plus : Facebook Event

Ces deux essais, qui tentent de lire notre histoire culturelle à travers le prisme de la musique, se répondent et se croisent en effet autour de nombreuses questions. Dans Musiques Numériques, Joseph Ghosn démontre que le MP3 et l’Internet ont entraîné, non pas la mort de la musique, mais son nomadisme, ou encore son éclatement en réseaux hétéroclites et en nouveaux espaces d’écoute, de pratique, de diffusion. Quant à Jean-Yves Leloup, il évoque les mêmes thématiques, dont il retrace les origines à travers l’histoire des avant-gardes et plus encore à travers l’émergence de la musique électronique, du mouvement techno et du phénomène des raves parties, apparus il y a plus de vingt-cinq ans.

Les invités :

Ghosn cover
Joseph Ghosn : 
Après avoir été directeur éditorial des éditions digitales du groupe Condé Nast (GQ, Vogue, Glamour…) et reporter aux Inrockuptibles, Joseph Ghosn, né au Liban en 1971, est aujourd’hui rédacteur en chef d’Obsession, le mensuel du Nouvel Observateur. Musicien à ses heures, il est diplomé de Sciences-Po et d’un DEA commun de Normale Sup et l’EHESS. Il a déjà écrit trois livres : une biographie de Nino Ferrer (Du Noir Au Sud, chez Calmann-Lévy), un essai sur le compositeur La Monte Young (Le Mot et le Reste) et un recueil de ses chroniques BD (Romans Graphiques, 101 propositions de lecture, Le Mot Et Le Reste).

Digital Magma Recto
Jean-Yves Leloup : 
Auteur, DJ et artiste sonore français, Jean-Yves Leloup a suivi l’évolution de la musique électronique depuis son émergence en Europe à la fin des années 1980. Témoin privilégié de la scène électronique, il s’intéresse parallèlement à l’art contemporain et aux technologies numériques.
Il est l’auteur de l’ouvrage en ligne Les Basiques : La musique électronique (2012) et le co-auteur du livre Global Techno (2000, 16e Grand Prix de Littérature Musicale de l’Académie Charles Cros).

Joseph Ghosn "Musiques numériques, essai sur la vie nomade de la musique" (Seuil, 2013)

Jean-Yves Leloup : "Digital magma, de l’utopie des rave parties à la génération MP3" (première édition, 2007, Scali, édition revue et augmentée, 2013, Le Mot Et Le Reste)

LA FABULEUSE ÉPOPÉE DE LA HOUSE

Disquaire Gramophone, Chicago, 1998 (c) P-E Rastoin.

Disquaire Gramophone, Chicago, 1998 (c) P-E Rastoin.

Retrouvez sur Dailymotion une table ronde organisée par le magazine Gonzaï, autour de l’histoire et  l’évolution de la house, de la scène rave et techno, des années 1990 à nos jours

Le 15 mai dernier, j’étais invité à participer à une table ronde, organisée sur le plateau média de La Gaîté Lyrique à Paris, aux côtés de deux pionniers français, Manu Casana, premier organisateur de raves en France, et Christophe Monnier, un des premiers compositeurs du genre. Une belle discussion que vous pouvez retrouver ici, en vidéo.

La Fabuleuse Epopée de la House (Party 2)

La première partie de ce plateau rassemblait quant à elle le journaliste et activiste Didier Lestrade, le musicien électronique Arnaud Rebotini et le rédacteur en chef adjoint de Technikart, Benoît Sabatier. Cette émission est aussi visible sur Dailymotion.

La fabuleuse épopée de la house (Party 1)

Global Techno Story (1968-2013) : une conférence de Jean-Yves Leloup dans le Val d’Oise

IMF_COLONNEGAUCHE_WEB_CHEMIN_48591_1361452216

Dans le cadre du festival "Les Printemps sonores" , la médiathèque d’Eaubonne propsoe une conférence musicale originale animée par Jean-Yves Leloup auteur des livres "Global Techno" et "Digital Magma" (Le Mot Et Le Reste) et journaliste pour le magazine Tsugi,

Dans cette conférence richement illustrée en son et en images, Jean-Yves Leloup évoquera les grandes étapes de l’histoire de la musique électronique, de Pierre Henry à Daft Punk, de la disco d’hier à la minimale techno actuelle, de l’Allemagne des seventies à l’Afrique d’aujourd’hui. Il abordera par ailleurs l’histoire, l’émergence et l’évolution des clubs, des raves et des événements qui ont façonné au cours des dernières décennies, cette culture désormais globale.

Samedi 20 avril 2013 à 17h30 – Médiathèque intercommunale Maurice Genevoix place du 11 novembre Eaubonne – gratuit mais réservation obligatoire au 01 39 59 06 44.

 

En savoir plus sur la manifestation Les Printemps Sonores.

Simon Reynolds : 30 ans de critique musicale

Bring The Noise

Révélé en France avec Rip It Up & Start Again (Allia), consacré au postpunk et à la new wave, Simon Reynolds, l’un des meilleurs journalistes musicaux actuels, a publié en 2011, Retromania (Le Mot Et Le Reste, 2012), un brillant essai dans lequel il s’interrogeait sur la nature nostalgique de la pop music et les effets esthétiques de la révolution numérique. En ce printemps 2013, les éditions du Diable Vauvert publient quant à elle la traduction française de Bring The Noise : 25 ans de rock et de hip-hop, publié à l’origine en 2006. L’occasion était donc toute trouvée  d’évoquer ses livres et ses trente ans d’écriture sur le rock, l’électro ou le hip hop, dans cet entretien réalisé en mars 2012 (publié en version courte dans Tsugi Magazine). On y parle entre autres de new wave, de grime, de garage-rock, de rave parties, de dubstep, d’euro-dance, de jouissance, de Derrida, de Kristeva ou du thème de la nostalgie…

Une rencontre est organisée avec l’auteur le 27 mars 2013 à 19h au Thé des écrivains, 16 rue des Minimes dans le 3e à Paris. Facebook Event.

À lire sur le même sujet et du même auteur  : Comment Internet a transformé notre amour de la musique ?

Jean-Yves Leloup : Le slogan des amateurs anglais de Northern Soul, « Keep the faith » (garder la foi) » me semble assez représentatif de cet esprit rétro, de cette atmosphère de nostalgie d’une musique incarnant l’âge d’or d’un genre musical, qui flotte actuellement sur la scène musicale, et que vous évoquez dans Retromania. Vous concernant, après plus de trente ans d’écriture sur la pop, le rock, l’électro ou le hip hop, avez-vous gardé la foi ? Ou l’avez-vous déjà perdu et en quelles circonstances ?

Simon Reynolds : Par défaut, je suis un insatisfait. Au milieu des années 1980, après la période du postpunk, il y a eu un moment pendant lequel la scène musicale, stagnante, ne semblait aller nulle part. J’ai écris à l’époque des choses qui ressemblent beaucoup à ce que je décris dans Retromania. Finalement, je me suis souvent plaint de la musique et de l’état de la scène musicale. Cela alterne avec des périodes obsessionnelles, pendant lesquelles je suis totalement excité par un artiste, ou une tendance particulière.

Est-ce à dire que vous avez commencé à écrire, au milieu des années 1980, par réaction à la musique dominante de l’époque ?

Oui, j’ai d’abord commencé dans le fanzinat et, à l’époque (vers 1984, NDR), nous avions une attitude très négative, très critique, vis-à-vis de la déroute du postpunk, qui selon nous n’allait plus nulle part, regardait trop dans le rétroviseur. J’ai toujours été une sorte de grincheux, mais mon comportement obéit sûrement plus à une forme de névrose maniaco-dépressive. Totalement maniaque pendant des périodes données, comme le postpunk (1978-84, NDR) ; la fin des années 80, avec le hip hop de l’époque et des groupes comme My Bloody Valentine ; et enfin la période rave.

De manière générale, je suis avide de nouveautés, je vais très vite de l’avant. Mais à l’évidence, nous traversons aujourd’hui la période la plus régressive depuis longtemps. On ne sent pas de vraies directions. La musique se répète, recycle inlassablement. J’espère que cela va changer (rires), mais je crois que ma dernière grande mania, et la dernière grande période d’évolution et d’invention, fût le Grime anglais vers 2002-2004, ainsi que certaines des productions hip hop américaines qui paraissait alors futuristes, pleine d’énergie et d’agression. Le Grime a représenté pour moi une sorte de « black british punk ». C’est une musique très énergique, tout en étant sociale. Cette musique aurait davantage fait sens si elle était apparue plus tard, comme la bande-son des émeutes en Angleterre de l’été dernier. Je ne crois donc pas avoir jamais perdu la foi. Je suis plutôt à la recherche d’une musique qui puisse justifier ma foi en elle. Je suis à la recherche d’une raison pour croire.

Dans l’histoire du journalisme musical, on retrouve souvent cette posture d’écriture critique. On commence sa carrière, on prend souvent la plume en réaction à une certaine presse, ou un certain état de la musique.

Il y a chez le journaliste musical, particulièrement britannique, cette constante dialectique entre l’amour et la haine. J’ai grandi là-dedans. Ceux qui m’ont inspiré n’étaient pas des journalistes mesurés, objectifs. Ils aimaient, ils détestaient, balançant constamment entre ces deux émotions. Le rock peut en effet parfois paraître abject et répugnant. Et parfois, il peut apparaître comme la chose la plus importante au monde. Quand je parle de « rock », je désigne bien sûr de musique populaire, la musique des jeunes, dans laquelle j’inclus l’électronique et le hip hop. Pour moi, tout ça reste une forme de rock and roll, même si l’électronique a souvent combattu certaines figures, certaines postures du rock.  J’oscille donc constamment entre optimisme et pessimisme. Lire la suite ‘Simon Reynolds : 30 ans de critique musicale’

Simon Reynolds : Bibliographie

Blissed Out

Blissed Out : The Raptures of Rock, Serpent’s Tail, 1990

Une compilation des premiers textes de Simon Reynolds célébrant l’underground de la fin des années 1980, de My Bloody Valentine à LL Cool J, en passant par Nick Cave, Butthole Surfers ou Front 242. En anglais.

sexrevoltsUK

The Sex Revolts : Gender, Rebellion and Rock ‘N’ Roll , en collaboration avec Joy Press, Serpent’s Tail, 1995

L’histoire du rock revue et corrigée à travers une série de textes s’intéressant à la question de la misogynie, de la violence, de la virilité ou de la féminité. De Gun’s & Rose aux Stooges, en passant par The Clash, Patti Smith ou Chrissie Hynde. En Anglais.

Energy Flash

Energy Flash : A Journey Through Rave Music and Dance Culture, Pan Macmillan, 1998, réédition et mise à jour en 2008 et 2012.

Une histoire détaillée du mouvement house, techno et rave. L’un des ouvrages définitifs sur le sujet. En anglais. Lire la suite ‘Simon Reynolds : Bibliographie’

Rencontre et signature autour du livre DIGITAL MAGMA

Une nouvelle version, revue et augmentée, de Digital Magma, l’essai de Jean-Yves Leloup, est disponible chez Le Mot Et Le Reste, et dans les librairies, avec un nouveau sous-titre, "De l’utopie des rave parties à la génération MP3 (communiqué de presse et 4e de couverture, ci-dessous).

Vous pouvez l’acheter sur Amazon ou sur le site de l’éditeur.

Rencontre avec l’auteur et signature, le vendredi 22 mars de 17h à 19h, sur le stand T 24 des éditions Le Mot Et Le Reste, au Salon du Livre, Porte de Versailles à Paris.

Digital Magma Recto

Lire la suite ‘Rencontre et signature autour du livre DIGITAL MAGMA’

CINÉREX : nouvelle séance le 1er mars autour de Detroit

motorcity

Le Rex Club fête ses 25 ans avec CINÉREX, une programmation de fictions et de documentaires consacrés à la musique électronique, au clubbing et à la DJ culture, projetés dans les cinémas du Rex  à Paris (et non pas au Rex Club), avant chacune des grandes dates qui accueilleront les artistes de la scène électro venus fêter l’événement.

Tout au long de l’année 2013, Cinerex, programmé par l’équipe du club et le journaliste Jean-Yves Leloup, explorera les multiples univers de la scène électro, de la fièvre du disco des années 1970 à l’univers des free-parties des années 2000, en passant bien sûr par l’histoire de la house de Chicago, l’épopée de la techno de Detroit ou de Berlin, sans oublier l’aventure des premières raves britanniques et françaises.

CINEREX 2LE VENDREDI 1ER MARS À 22h

Event Facebook : http://www.facebook.com/events/565798240105438/

Réservez des places

Séances à 22H au Grand REX présentée par Jean-Yves Leloup. En présence de la réalisatrice Jacqueline Caux et de CARL CRAIG.

CYCLES OF THE MENTAL MACHINES : SUR LES TRACES D’ELECTRIFYING MOJO (France, 2008, 52mn) de Jacqueline Caux, avec Carl Craig, Mad Mike, Mojo… (sous-titres français).

La réalisatrice Jacqueline Caux nous invite ici à un voyage initiatique qui remonte aux sources de la musique noire américaine et dresse un portrait humaniste de la ville de Detroit. Traversant, aux côté de Carl Craig, la ville de part en part au son de la musique d’Underground Resistance et de Juan Atkins, elle visite studios, clubs, églises, ateliers, immeubles abandonnés et terrains en friche, tout en évoquant ses racines blues et gospel, les événements sociaux et politiques qui ont marqué son histoire, sans oublier la grande époque du label Motown et bien sûr la naissance de la techno moderne. Lire la suite ‘CINÉREX : nouvelle séance le 1er mars autour de Detroit’



Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 31 followers