Atom TM : avatars et pastiches

Uwe Schmidt, alias ATOM TM, est l’une des figures les plus charismatiques de la scène électronique des années 90 et 2000. Pour ceux qui veulent mieux connaître le personnage, voici un portrait que nous avions publié en 2005  dans la revue Mouvements.

Auteur : Jean-Yves Leloup

Musicien prolifique, auteur de plus d’une centaine d’albums et de singles, Uwe Schmidt, mieux connu chez certains sous le nom d’AtomTM, est un artiste à part sur la scène électronique actuelle. Sa productivité sans faille, sa capacité à se grimer derrière de nombreux pseudonymes, son talent inouï pour passer du pastiche à l’expérimentation, font de cet Allemand l’un des artistes les plus symptomatiques de notre culture numérique et globalisée.

Lorsque vous aurez terminé de lire cet article, Uwe Schmidt aura sans doute composé, produit, édité et distribué un nouvel album. Ou, du moins, deux ou trois nouveaux projets discographiques, qu’il mettra moins de quelques semaines à réaliser, auront-ils germé dans son esprit. Lorsque l’on évoque ce musicien électronique allemand, c’est en effet son incroyable productivité qui impressionne au premier abord. Avec pas moins de quatre-vingts albums, produits sous une cinquantaine de pseudonymes depuis 1986, Schmidt est sans aucun doute l’un des artistes les plus prolifique de l’histoire de la musique. Mais ce statut de stakhanoviste-roi ne nous intéresse ici que parce qu’il est doublé d’un talent hors normes, Schmidt étant à la fois capable de s’illustrer dans le jazz d’avant-garde comme la recherche électronique, le hip-hop latino, l’exotisme easy-listening ou les variations sur les grands thèmes pops. Figure longtemps underground, suivi par quelques DJs et amateurs éclairés d’électronique, Schmidt a connu ses premiers véritables succès vers la fin des années 90, grâce à deux albums de reprises inspirées, « Pop Artificielle » et « El Baile Aleman ». Le premier, signé LB, reprenait à son compte en 99 quelques grands succès de la pop d’hier (le « Superbad » de James Brown, « Angie » des Stones ou « Ashes To Ashes » de Bowie), en versions minimalistes, variations numériques et chant robotique. Le second, signé Senor Coconut y su Conjunto, et sorti en 2000, transfigurait quant à lui les classiques du groupe électronique par excellence, Kraftwerk, en versions latino, mambo et cha-cha-cha. Deux albums drôles et décalés, jouant l’ironie et la distance, mais qui chacun innovait dans son domaine : « Pop Artificielle » réconciliant bien avant l’heure, recherche électronique et séduction pop, et « El Baile Aleman » prouvant à quel point les musiques latines pouvaient rivaliser avec les audaces rythmiques et formelles de la techno.

Système ludique
Si la carrière et le travail d’Uwe Schmidt sont aussi passionnants, c’est d’abord parce que l’Allemand a réussi à mettre en place depuis le début des années 90 un système de travail, sorte de vaste jeu de permutation entre différents projets, pseudonymes et personnages, que l’artiste manipule et créé au gré de ses envies. Si sa musique est l’idéal reflet de la culture de notre époque, c’est donc d’abord grâce à cette figure de l’avatar, qu’il manie avec adresse et dextérité. Chaque disque est en effet l’occasion de la création d’un nouveau jeu, de nouvelles règles, que l’artiste s’impose. C’est même, selon lui, une condition nécessaire à toute création. « Pour moi, la musique fait partie d’un dessein global. Lorsque je débute un projet, je collecte beaucoup d’informations à son propos, des noms, des typographies, des images, des mots… J’essaye d’absorber ces idées qui, en quelque sorte, végètent dans l’espace libre et flottant de l’information. Et je passe toujours par ce moment étrange où, tout à coup, une image, un sample et une idée s’agrègent naturellement en un nouveau concept. À partir de là, je me dis que cela peut donner naissance à un album, un personnage, qui peut en quelque sorte définir la musique, et la doter de ses propres références. Ce moment, préalable à toute nouvelle création, est particulièrement agréable et excitant. Ce type d’approche et de travail a beaucoup à voir avec la question des techniques et des méthodes de composition. Quels sont les paramètres musicaux que je vais utiliser ? Je travaille constamment sur cette frontière entre l’acquisition, et l’altération des règles de composition. Pour moi, un disque est une entité en soi, un petit monde. J’essaye toujours de me mettre à la place d’un simple auditeur qui, découvrant le disque en magasin, tente de se faire une idée de l’auteur. Un album comme celui d’Erik Satin, par exemple, est ainsi entièrement construit sur un personnage virtuel, sur un univers en soi. Ce n’est pas une question de stratégie ou de camouflage, cela correspond juste à ma manière de travailler. J’ai toujours l’impression de répondre à une urgence, je ressens toujours la nécessité de graver sur disque, des visions, des projets qui me hantent parfois depuis longtemps ».

Pastiches, variations, expériences…
Concrètement, les différents projets musicaux d’Uwe Schmidt peuvent prendre de multiples formes, de la plus complexe à la plus ludique. Dernier projet en date, « Acid Evolution 1988-2003 » se présente comme une compilation historique, retraçant l’histoire de la techno dite, acid. En seize titres et autant de pseudonymes, Schmidt reprend à son compte l’histoire du genre et de son esthétique, marquée par un usage hypnotique de lignes de basse synthétiques, évolutives et suraiguës. Entre le titre, « Comme on Acid » de Phresh Phantasy, prétendument daté de 1988, et le plus récent « Lock It » de Takeshi Onda de 2003, Schmidt singe les styles et les techniques, sans pourtant jamais perdre de vue la fonction première, dancefloor et festive de ces compositions volontiers obsédantes. Plus personnel, l’excellent mini-album, « iMix », sorti lui aussi cette année et signé AtomTM (son pseudonyme officiel et plus courant, avec Atom Heart), joue avec les codes de la dance-music (ses rythmes et ses gimmicks), savamment déconstruits à l’aide des outils numériques. Le résultat, c’est un disque à la fois frénétique et accrocheur, à l’énergie communicative et diablement avant-gardiste. En cette année décidément riche, Schmidt est par ailleurs l’auteur du quatrième album du duo Flanger, qu’il compose avec un autre artiste allemand, lui aussi inspiré et prolifique, Bernd Friedmann. À eux deux, ils s’attaquent aux formes les plus variées du jazz, qu’ils parviennent à s’approprier, jusqu’à même bluffer ses amateurs les plus éclairés. Avec « Spirituals », les deux Allemands s’inspirent « de l’époque la plus naïve et innocente du genre. Une époque où les artistes parlaient de leur musique comme des « spirituals », se voyant comme de simples dépositaires d’une inspiration divine. Une époque où la musique était enregistrée de façon directe et quasi-documentaire. Une époque où les questions de technique, de production et de technologie n’avaient pas cours et n’influençaient donc en aucun cas la nature de l’enregistrement. Une période naïve, en quelque sorte, sans doute la toute dernière dans notre histoire à être frappée du sceau de la pureté et de l’innocence ». Et, à l’évidence, ce nouveau Flanger distille le climat nostalgique d’une musique plutôt jazz et oubliée, quelque part entre le début du XXe siècle américain, et la nonchalance des big bands des années cinquante. Entre autres projets, Uwe Schmidt peut aussi se cacher sous le pseudo de Lisa Carbon, improbable figure féminine, pratiquant une forme exotique et latine d’easy-listening, dont le futurisme désuet se réfère à certaines expériences des années 60. Quant à l’album d’expérimentations techno du Bund Deutscher Programmierer, littéralement « la fédération des programmeurs allemands », il est censé avoir été composé par un collectif de nerds, à la rigueur typiquement germanique. Celui d’Erik Satin nous ferait plutôt penser à un étrange dandy français, susurrant en « yaourt » ses complaintes séductrices sur fond de mélodies pop et baroques, période « Orange Mécanique ». Quant au jazz décalé, audacieux et cosmique du Roger Tubesound Ensemble, il pourrait, toujours selon Schmidt, « avoir été enregistré en 1968 par un orchestre de vingt-trois musiciens ». Et l’on pourrait continuer ainsi des heures à décrire ses différentes expériences, entre le hip-hop hispanique de XXX, les plages atmosphériques d’Atom Heart, les détournements post-situ du Disk Orchestra ou les complexes architectures sonores de Dos Tracks. Mais attention, pour chacun de ces projets, Schmidt ne se contente jamais de parodier, ou d’imiter un genre. Il préfère subvertir, de façon parfois discrète, et la plupart du temps grâce à une technique de collage numérique d’une précision diabolique, les codes d’un style, d’une époque ou d’une esthétique, pour mieux se les approprier.

Dilution de l’ego
Cette technique de jeu et de dépersonnalisation, Uwe Schmidt ne l’a pas inventée. Disons plutôt qu’il ait systématisé ici deux types d’approche largement en cours dans le domaine de la musique électronique. Tout d’abord ce que l’on pourrait nommer l’esthétique du projet, qui veut que toute nouvelle production ne soit pas simplement labellisée par le nom de l’artiste, mais qu’elle obéisse plutôt à une logique de production, de série ou de collection. Nombreux sont en effet les musiciens électroniques qui, plutôt que de signer un simple nouvel album, ou un nouveau maxi, préfèrent pour celui-ci choisir un nouveau pseudonyme, ou une nouvelle appellation, répondant à une esthétique, ou des règles du jeu précises. Cette idée recouvre par ailleurs l’esthétique de l’anonymat, telle qu’elle est maintenant bien connue chez de nombreux artistes de cette sphère, qui préfèrent souvent masquer leur identité derrière tel ou tel avatar. Cette propension à liquider l’ego de l’artiste à de nombreuses racines. Si elle peut répondre à un simple désir ludique de brouiller les pistes ou d’exciter l’imagination de l’auditeur, elle a comme origine plus profonde, l’idée que la musique électronique actuelle est issue d’une création en réseau, d’une intelligence collective et partagée, où la dimension personnelle de l’artiste s’érode au profit d’une plus vaste communauté d’esprit.
Grâce à son sens du jeu et de la multiplicité des identités, Schmidt stylise donc à l’extrême cette dépersonnalisation de l’artiste. Car, aujourd’hui, dans ce savant réseau de samples et d’échanges, d’emprunts et de plagiats que représente la musique (et pas seulement la musique électronique), quel artiste peut bien s’enorgueillir d’être un auteur, au sens premier du terme ? Sans doute pas Uwe Schmidt, qui n’a que faire de cette question désormais pérenne. Adhérent au MACOS (Musicians Against The Copyrighting of Samples), collectif prônant l’usage libre de la musique, la plupart de ses propres sons peuvent ainsi être librement samplés, téléchargés et modifiés par d’autres, sans risquer le moindre risque légal. Quant à lui, il ne cesse d’imiter et d’échantillonner comme bon lui semble, programmant ses avatars et enchaînant ses albums à la vitesse de l’information, aussitôt produits, aussitôt oubliés dans l’espace du réseau et la multiplicité des supports. Son œuvre, ce n’est finalement qu’un jeu infini et jouissif de mutations et de permutations, un flux protéiforme qui emprunte et vampirise chacun des codes de notre culture désormais globalisée et numérisée. Une œuvre qui, paradoxalement, vient enrichir le flux croissant de disques qui nous submergent, mais rend aussi plus limpide et évident, ce chaos musical dans lequel nous baignons.

Francfort/Santiago, A/R
Cette réalité de la globalisation et de la déterritorialisation, Uwe Schmidt la vit mieux que quiconque. En 1996, après avoir été invité à jouer au Chili, il décide en effet de partir s’installer aux antipodes, et de quitter l’Allemagne. « Je suis né et j’ai grandi à Francfort. Mais à partir d’un certain moment, vous n’êtes plus perçu que comme un artiste allemand électronique, originaire de Francfort. On finit par rester affilié à un contexte précis, une certaine scène, une histoire, une géographie, une généalogie d’artistes. Cela m’a vraiment gêné et m’a même restreint dans mon travail. Même si vous ne vous intéressez pas à l’actualité, si vous ne lisez pas la presse, ce qui est mon cas, vos relations sociales et professionnelles vous réfèrent constamment à une origine. Je me suis dit qu’il me fallait expérimenter quelque chose de différent et je me suis retrouvé au Chili, où, musicalement, il ne se passe pas grand-chose et où surtout la musique électronique n’a aucune attache. À partir de là, je me suis senti plus libre, j’ai pu personnaliser mon travail, intervertir les différents langages musicaux, et m’éloigner de l’idée de scène, de style, de genre. Cette nouvelle perspective acquise a constitué un avantage considérable. Vivre à Santiago m’a donné une certaine distance par rapport à l’Allemagne et à sa culture, et par rapport à la façon dont j’ai composé mes premiers morceaux. Ce type de distanciation, cette capacité à analyser ces différents paramètres culturels, me permet maintenant de switcher avec plus d’aisance, entre mes différentes personnalités musicales ». Désormais influencé par la musique sud-américaine, Schmidt et ses multiples avatars (Lisa Carbon, Los Sampler’s, XXX, Senor Coconut) parviennent en somme à incarner le visage riant et impertinent d’une musique moderne et mondialisée. Ses relectures mambo de Kraftwerk, ses versions électroniques des classiques latinos (au hasard le fameux « Oye Como Va » de Tito Puente sur « iMix»), ses exercices de hip-hop électro latino, ses expériences de bossa numérique, ont apporté au genre techno, une ouverture et une légèreté qui lui fait parfois défaut.

Artiste-symptôme
Alliant ferveur latine et rigueur germanique, maniant avec dextérité les références géographiques et culturelles, se jouant avec humour et pertinence de la notion d’auteur, Uwe Schmidt peut ainsi être considéré comme un artiste-symptôme des mutations culturelles en cours. Sa productivité sans faille est par exemple à l’image de la scène musicale actuelle. La croissance de technologies musicales bon marché depuis le début des années 90, et plus encore la numérisation de l’ensemble des instruments et des processus de production, sont à l’origine de l’émergence de toute une nouvelle génération de musiciens. Mais plus encore, la réduction du studio musical à l’intérieur de l’espace interne d’un simple ordinateur, a aussi permis à ces artistes de contrôler l’ensemble des paramètres de la chaîne de production d’un disque (de la composition jusqu’à sa mise à disposition sur le net) et de travailler sur leur musique d’une manière autrement personnelle et intimiste que par le passé. Le résultat de ces mutations technologiques, c’est une création musicale plus proche du quotidien, et une production accrue, et dont Uwe Schmidt est l’exemple typique. Chacun de ses projets semble suivre au plus près la moindre de ses réflexions, ou de ses inclinations. Et chaque idée peut être rapidement mise sur pied, gravée et éditée, grâce à la simplicité et la vitesse des technologies actuelles.
Auteur déraciné, amateur de pastiches et de détournements, pratiquant la greffe et la mutation, Schmidt est enfin un artiste emblématique de la génération numérique. Le numérique et sa culture de l’accès permettent en effet aux artistes de s’inspirer et de puiser dans une vaste collection de références, qu’elle soient historiques ou géographiques. La technologie numérique permet quant à elle de faire subir à ces mêmes références, toutes les opérations possibles et imaginables. Si l’on peut ainsi greffer cultures latine et germanique, il est tout aussi possible de créer en laboratoire de nouvelles figures mutantes (elles sont légions chez lui), ou de récréer et de perpétuer, avec la distance nécessaire, des styles oubliées ou passés sous silence. Finalement, Schmidt ne fait que mettre en pratique les immenses possibilités créatives et ludiques, permises par une technologie désormais quotidienne, pour ne pas dire intime (on est loin ici de l’appellation erronée de « nouvelles technologies » ou de « nouveaux médias »). D’ailleurs, lorsqu’il délaisse quelquefois ses personnages et ses fantasmes mutants, pour se consacrer à des compositions moins directement référencées, Schmidt est l’auteur de très belles plages expérimentales où il parvient à merveille à donner corps à cette culture du numérique. Bribes de sons et d’informations, entrechocs et suites éparses de données, parviennent à s’amalgamer en d’improbables et vertigineuses mélodies fragmentées, idéals reflets de cette culture de l’information dont on commence à peine à saisir les contours.

Jean-Yves Leloup

Bio express :
Agé d’une quarantaine d’année, la carrière d’Uwe Schmidt débute en 1986, au sein de l’éphémère trio, Pornotanz. Dès 88, il signe un premier album solo, en édition limitée, sous le nom de Lassigue Bendthaus, un pseudonyme qu’il conservera jusqu’en 1994, pour ses productions héritées des expériences électroniques et industrielles des années 80. Dès le début de la décennie 90, il fait par ailleurs partie des pionniers techno allemands, qui s’illustrent alors dans le circuit des raves et des clubs, et signe de nombreux albums et maxis, qui connaissent un certain succès chez les amateurs du genre. Dès 1993, il est aussi l’auteur de nombreux albums et expériences dans le registre atmosphérique de l’ambient, notamment pour le label Fax. En 94, il lance son propre label, Rather Interesting, et pour lequel il est l’auteur de la plupart des soixante références éditées jusqu’ici. À partir de la moitié des années 90, il quitte la scène strictement techno, pour s’adonner à de nombreux projets, entre le jazz d’avant-garde de Flanger, l’expérimentation numérique, l’électro-pop ou d’amusantes variations easy-listening. Son installation à Santiago du Chili en 1996 l’amène à fusionner son expérience électronique aux multiples influences latines. Auteur de quatre à cinq albums annuels, il partage désormais sa carrière entre de nombreux projets discographiques, remixes et productions d’albums. Sa dernière collaboration en date, avec le Japonais, Towa Teï, devrait donner naissance à l’album de Towatom, début 2006.

Pour découvrir le personnage :
Compilation « Real Intelligence IV » (Rather Interesting)
Senor Coconut « El Baile Aleman » ; « Fiesta Songs » (Multicolor Recordings)
Flanger « Outer Space/Inner Space » ; « Templates », Ninja Tune
LB « Pop Artificielle » (KK/Output)

Dernières références :
Flanger « Spirituals » (Nonplace)
AtomTM Presents « Acid Evolution 1988-2003 » (Logistic)
AtomTM « CMYK » (Rather Interesting)
AtomTM « iMix » (Laboratory Instinct)
Lisa Carbon « Standards » (Rather Interesting/Del Haze Entertainment)

Ses sites internet :

http://www.atom-heart.com

http://music.hyperreal.org/artists/atom_heart/

Acheter ses morceaux en MP3 : http://www.emusic.com/label/89/89586.html
Acheter ses disques sur le net :

http://www.forcedexposure.com/labels/rather.interesting.germany.html



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