Archive for the 'Histoire de la musique' Category



LA FABULEUSE ÉPOPÉE DE LA HOUSE

Disquaire Gramophone, Chicago, 1998 (c) P-E Rastoin.

Disquaire Gramophone, Chicago, 1998 (c) P-E Rastoin.

Retrouvez sur Dailymotion une table ronde organisée par le magazine Gonzaï, autour de l’histoire et  l’évolution de la house, de la scène rave et techno, des années 1990 à nos jours

Le 15 mai dernier, j’étais invité à participer à une table ronde, organisée sur le plateau média de La Gaîté Lyrique à Paris, aux côtés de deux pionniers français, Manu Casana, premier organisateur de raves en France, et Christophe Monnier, un des premiers compositeurs du genre. Une belle discussion que vous pouvez retrouver ici, en vidéo.

La Fabuleuse Epopée de la House (Party 2)

La première partie de ce plateau rassemblait quant à elle le journaliste et activiste Didier Lestrade, le musicien électronique Arnaud Rebotini et le rédacteur en chef adjoint de Technikart, Benoît Sabatier. Cette émission est aussi visible sur Dailymotion.

La fabuleuse épopée de la house (Party 1)

Simon Reynolds : 30 ans de critique musicale

Bring The Noise

Révélé en France avec Rip It Up & Start Again (Allia), consacré au postpunk et à la new wave, Simon Reynolds, l’un des meilleurs journalistes musicaux actuels, a publié en 2011, Retromania (Le Mot Et Le Reste, 2012), un brillant essai dans lequel il s’interrogeait sur la nature nostalgique de la pop music et les effets esthétiques de la révolution numérique. En ce printemps 2013, les éditions du Diable Vauvert publient quant à elle la traduction française de Bring The Noise : 25 ans de rock et de hip-hop, publié à l’origine en 2006. L’occasion était donc toute trouvée  d’évoquer ses livres et ses trente ans d’écriture sur le rock, l’électro ou le hip hop, dans cet entretien réalisé en mars 2012 (publié en version courte dans Tsugi Magazine). On y parle entre autres de new wave, de grime, de garage-rock, de rave parties, de dubstep, d’euro-dance, de jouissance, de Derrida, de Kristeva ou du thème de la nostalgie…

Une rencontre est organisée avec l’auteur le 27 mars 2013 à 19h au Thé des écrivains, 16 rue des Minimes dans le 3e à Paris. Facebook Event.

À lire sur le même sujet et du même auteur  : Comment Internet a transformé notre amour de la musique ?

Jean-Yves Leloup : Le slogan des amateurs anglais de Northern Soul, « Keep the faith » (garder la foi) » me semble assez représentatif de cet esprit rétro, de cette atmosphère de nostalgie d’une musique incarnant l’âge d’or d’un genre musical, qui flotte actuellement sur la scène musicale, et que vous évoquez dans Retromania. Vous concernant, après plus de trente ans d’écriture sur la pop, le rock, l’électro ou le hip hop, avez-vous gardé la foi ? Ou l’avez-vous déjà perdu et en quelles circonstances ?

Simon Reynolds : Par défaut, je suis un insatisfait. Au milieu des années 1980, après la période du postpunk, il y a eu un moment pendant lequel la scène musicale, stagnante, ne semblait aller nulle part. J’ai écris à l’époque des choses qui ressemblent beaucoup à ce que je décris dans Retromania. Finalement, je me suis souvent plaint de la musique et de l’état de la scène musicale. Cela alterne avec des périodes obsessionnelles, pendant lesquelles je suis totalement excité par un artiste, ou une tendance particulière.

Est-ce à dire que vous avez commencé à écrire, au milieu des années 1980, par réaction à la musique dominante de l’époque ?

Oui, j’ai d’abord commencé dans le fanzinat et, à l’époque (vers 1984, NDR), nous avions une attitude très négative, très critique, vis-à-vis de la déroute du postpunk, qui selon nous n’allait plus nulle part, regardait trop dans le rétroviseur. J’ai toujours été une sorte de grincheux, mais mon comportement obéit sûrement plus à une forme de névrose maniaco-dépressive. Totalement maniaque pendant des périodes données, comme le postpunk (1978-84, NDR) ; la fin des années 80, avec le hip hop de l’époque et des groupes comme My Bloody Valentine ; et enfin la période rave.

De manière générale, je suis avide de nouveautés, je vais très vite de l’avant. Mais à l’évidence, nous traversons aujourd’hui la période la plus régressive depuis longtemps. On ne sent pas de vraies directions. La musique se répète, recycle inlassablement. J’espère que cela va changer (rires), mais je crois que ma dernière grande mania, et la dernière grande période d’évolution et d’invention, fût le Grime anglais vers 2002-2004, ainsi que certaines des productions hip hop américaines qui paraissait alors futuristes, pleine d’énergie et d’agression. Le Grime a représenté pour moi une sorte de « black british punk ». C’est une musique très énergique, tout en étant sociale. Cette musique aurait davantage fait sens si elle était apparue plus tard, comme la bande-son des émeutes en Angleterre de l’été dernier. Je ne crois donc pas avoir jamais perdu la foi. Je suis plutôt à la recherche d’une musique qui puisse justifier ma foi en elle. Je suis à la recherche d’une raison pour croire.

Dans l’histoire du journalisme musical, on retrouve souvent cette posture d’écriture critique. On commence sa carrière, on prend souvent la plume en réaction à une certaine presse, ou un certain état de la musique.

Il y a chez le journaliste musical, particulièrement britannique, cette constante dialectique entre l’amour et la haine. J’ai grandi là-dedans. Ceux qui m’ont inspiré n’étaient pas des journalistes mesurés, objectifs. Ils aimaient, ils détestaient, balançant constamment entre ces deux émotions. Le rock peut en effet parfois paraître abject et répugnant. Et parfois, il peut apparaître comme la chose la plus importante au monde. Quand je parle de « rock », je désigne bien sûr de musique populaire, la musique des jeunes, dans laquelle j’inclus l’électronique et le hip hop. Pour moi, tout ça reste une forme de rock and roll, même si l’électronique a souvent combattu certaines figures, certaines postures du rock.  J’oscille donc constamment entre optimisme et pessimisme. Lire la suite ‘Simon Reynolds : 30 ans de critique musicale’

Simon Reynolds : Bibliographie

Blissed Out

Blissed Out : The Raptures of Rock, Serpent’s Tail, 1990

Une compilation des premiers textes de Simon Reynolds célébrant l’underground de la fin des années 1980, de My Bloody Valentine à LL Cool J, en passant par Nick Cave, Butthole Surfers ou Front 242. En anglais.

sexrevoltsUK

The Sex Revolts : Gender, Rebellion and Rock ‘N’ Roll , en collaboration avec Joy Press, Serpent’s Tail, 1995

L’histoire du rock revue et corrigée à travers une série de textes s’intéressant à la question de la misogynie, de la violence, de la virilité ou de la féminité. De Gun’s & Rose aux Stooges, en passant par The Clash, Patti Smith ou Chrissie Hynde. En Anglais.

Energy Flash

Energy Flash : A Journey Through Rave Music and Dance Culture, Pan Macmillan, 1998, réédition et mise à jour en 2008 et 2012.

Une histoire détaillée du mouvement house, techno et rave. L’un des ouvrages définitifs sur le sujet. En anglais. Lire la suite ‘Simon Reynolds : Bibliographie’

Digital & Nueva Cumbia : freestyle de ritmos

Auteur : Jean-Yves Leloup
Version longue et inédite d’un article publié à l’automne 2011 dans le magazine Tsugi.
L'équipe du label Zizek de Buenos Aires

L’équipe du label Zizek de Buenos Aires

Entre folklore, bricolages numériques et culture du sound-system, une nouvelle vague de musiciens et de DJs de Buenos Aires revitalisent les rythmes ancestraux de la cumbia et de toute la musique sud-américaine. Avec El Remolón, Chancha Via Circuito ou El Hijo De La Cumbia, vous n’écouterez plus jamais un bandonéon ou une flûte de pan de la même manière.

Un soir de septembre, un rythme de cumbia synthétique envahit le 104. Le tranquille et placide El Remolón vient de lâcher depuis son laptop, « Bolivia », un titre lent, à la mélodie heureuse et entêtante, flirtant avec le dub, porté par un groove paresseux (c’est le sens du mot « remolón »). L’effet est immédiat. Ces anciennes Pompes Funèbres parisiennes, reconverties en vaste établissement culturel, s’imprègnent d’une sensualité qu’elles n’ont sans doute jamais connu par le passé. La douceur du tempo libére les corps, les filles ondulent gracieusement les bras, les sourires s’affichent sur le visage de chacun des danseurs. Pour certains, c’est comme une révélation, voire une épiphanie. Le son à la fois électronique et latin de cette nouvelle vague venue de Buenos Aires, encore totalement inconnu en France, possède une telle fraîcheur, et un tel caractère novateur, qu’il semble effacer en quelques mesures, plus de vingt ans d’histoire de house, de techno ou d’électro.

Parfois, tout en pianotant sur son ordi, El Remolón, le sourire en coin et la chemise à fleur, empoigne le micro, interprétant une chanson au charme cadencé, entre rap tranquíl et confidence de crooner. Son set, à la fois cool et magistral, se termine par une étrange forme de transe, portée par une voix en boucle déclamant un simple mot, « bailando » (en français « dansant »), noyé dans la réverb et de lointains échos de percussions.  Lire la suite ‘Digital & Nueva Cumbia : freestyle de ritmos’

THE ELECTRIFYING MOJO : SOCRATE NOIR

Texte : Jean-Yves Leloup. Image : Le bitume lézardé du centre-ville de Detroit par Pierre-Emmanuel Rastoin


Le documentaire, The Cyles Of The Mental Machine : Sur les traces d’Electrifying Mojo , évoque la figure légendaire de cet animateur radio qui a inspiré toute la scène de Detroit, à l’heure de l’émergence de la techno.

Prochaine diffusion du film le samedi 6 avril 2013 à 20h30 au Forum des Images dans le cadre de la programmation « En avant la musique : musique et société » (Facebook Event / Achat de billets en ligne) en présence de la réalisatrice et de Matthieu Guillien, professeur en histoire des musiques électroniques à la Sorbonne Nouvelle.

Le DVD est disponible à la vente notamment chez Amazon.

C’est à un voyage initiatique que nous invite Jacqueline Caux, réalisatrice de ce documentaire émouvant. Un trip qui, s’il est motivé par la passion de cette auteure et artiste pour les rythmes machiniques de la Motor-City, remonte aux sources de la musique noire américaine et dresse un portrait humaniste de la capitale techno. Traversant la ville de part en part, elle visite ainsi studios, clubs, églises, ateliers, immeubles abandonnés et terrains en friche, tout en évoquant les racines blues et gospel du genre, les événements sociaux et politiques qui ont secoué la ville depuis les émeutes de 67 et la crise de 73, sans oublier la grande époque du label Tamla Motown, et bien sûr la naissance de l’électronique moderne. Il y a quelques grands moments dans ce film. Une longue scène, filmée à l’église, où un génial pasteur, habité par la soul, électrise la foule. Et une autre, tournée à l’intérieur du petit club, Bert’s, où se succèdent jeunes musiciens de jazz, rappeurs en herbe et vieilles mamas venant crier leur amour du rhythm & blues. On y rencontre aussi Carl Craig, on pénètre les studios de Submerge et l’on comprend un peu mieux ce qui semble lier ces musiciens à « cette ville au charme tout à la fois puissant et paradoxal ». Lire la suite ‘THE ELECTRIFYING MOJO : SOCRATE NOIR’

Les pionniers de la musique électronique britannique

Séance spéciale, avec deux documentaires et une mini-conférence, du cycle Musiquepointdoc à la Gaîté Lyrique : « les pionniers de de la musique électronique britannique ».

Le mercredi 20 février à 19h30, Audiorium de la Gaîté Lyrique, 3bis rue Papin – 75003 Paris. Tarifs : gratuit pour les adhérents / 3 euros / 5 euros

Réservations

THE DELIAN MODE Réal. : Kara Blake (Québec, 2008, 25’, vostfr)

Ce film retrace la vie mouvementée de Delia Derbyshire. Pionnière de la musique électronique, elle créa notamment le thème désormais célèbre de la série Doctor Who dans le cadre des ateliers radiophoniques de la BBC. Plongeant dans l’univers créatif de Derbyshire, The Delian Mode transpose l’univers sonore unique de l’artiste, tout en rendant hommage à une femme dont l’influence est toujours aussi déterminante depuis quarante ans.

PRACTICAL ELECTRONICA 

Réal. : Ian Helliwell (Royaume-Uni, 2012, 61, vostfr)

Portrait de Fred Judd, un ingénieur ayant contribué à l’histoire de la musique électronique britannique. Voici l’histoire d’un ingénieur officiant pour les radars de l’armée pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui, dans les années 50 et 60, s’entoura – pour ses expérimentations – de machines monstrueuses, dont un prototype de synthétiseur conçu avec la collaboration de son épouse Freda. Un formidable docu-hommage sur ce précurseur, mélange brillant d’images d’archives, de collages et de séquences animées, par l’un des meilleurs cinéastes expérimentaux actuel (Etrange festival 2012).

Séance précédée par « L’âge des pionniers », une conférence de Jean-Yves Leloup (durée : 30′)

Sous la forme d’une mini-conférence, illustrée en sons et en images, Jean-Yves Leloup évoquera le contexte de l’émergence des studios et laboratoires de musique électronique au cours des années 1950 et 1960, en Europe et aux Etats-Unis, et leur influence sur les générations de musiciens qui les ont suivi.

Jean-Yves Leloup : artiste sonore et DJ au sein du duo Radiomentale, journaliste et critique, il est l’auteur de trois ouvrages, Global Techno (1999), Digital Magma (2007) et La musique électronique (2012), ouvrage gratuit et en ligne, publié par le site Olats.org.

Beat Bang, une histoire de la musique électronique (1988-2011) sur iPhone et tablettes

Beat Bang, c’est l’histoire des musiques électroniques de 1988 à 2011, depuis la techno industrielle, les esthétiques avant-gardistes jusqu’à celles du dancefloor. À découvrir dans une application ludique notamment sur tablettes et smartphones.

Très grande qualité des textes de la part d’une équipe de journalistes belges, rassemblés par La Médiathèque de la communauté française de Belgique.

Toutes les infos en cliquant ici



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