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	<title>Global Techno</title>
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	<description>Le blog des auteurs des livres "Global Techno" (2007), "Global Tekno" (1999) et "Digital Magma" (2006)</description>
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		<title>Global Techno</title>
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		<title>Conversation croisée : musique, pratique et esthétique numérique</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 11:07:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’occasion de la sortie de leurs deux essais &#34;Musiques numériques, essai sur la vie nomade de la musique&#34; (Joseph Ghosn, Seuil) et &#34;Digital Magma, de l’utopie des rave parties à la génération MP3&#34; (Jean-Yves Leloup, Le Mot Et Le Reste), les deux auteurs, journalistes et musiciens (à leurs heures) débattront, sous forme de conversation [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1265&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>À l’occasion de la sortie de leurs deux essais &quot;Musiques numériques, essai sur la vie nomade de la musique&quot; (Joseph Ghosn, Seuil) et &quot;Digital Magma, de l’utopie des rave parties à la génération MP3&quot; (Jean-Yves Leloup, Le Mot Et Le Reste), les deux auteurs, journalistes et musiciens (à leurs heures) débattront, sous forme de conversation croisée, de l’impact esthétique de la révolution numérique dans le domaine de la création musicale comme celui de l’écoute.</h4>
<p>En savoir plus : <a href="https://www.facebook.com/events/474526602619398/">Facebook Event</a></p>
<p>Ces deux essais, qui tentent de lire notre histoire culturelle à travers le prisme de la musique, se répondent et se croisent en effet autour de nombreuses questions. Dans Musiques Numériques, Joseph Ghosn démontre que le MP3 et l’Internet ont entraîné, non pas la mort de la musique, mais son nomadisme, ou encore son éclatement en réseaux hétéroclites et en nouveaux espaces d’écoute, de pratique, de diffusion. Quant à Jean-Yves Leloup, il évoque les mêmes thématiques, dont il retrace les origines à travers l’histoire des avant-gardes et plus encore à travers l’émergence de la musique électronique, du mouvement techno et du phénomène des raves parties, apparus il y a plus de vingt-cinq ans.</p>
<p>Les invités :</p>
<p style="text-align:left;"><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/05/ghosn-cover.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1266" alt="Ghosn cover" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/05/ghosn-cover.jpg?w=225&#038;h=330" width="225" height="330" /></a><br />
<strong>Joseph Ghosn : </strong><br />
Après avoir été directeur éditorial des éditions digitales du groupe Condé Nast (GQ, Vogue, Glamour&#8230;) et reporter aux Inrockuptibles, Joseph Ghosn, né au Liban en 1971, est aujourd&rsquo;hui rédacteur en chef d&rsquo;Obsession, le mensuel du Nouvel Observateur. Musicien à ses heures, il est diplomé de Sciences-Po et d&rsquo;un DEA commun de Normale Sup et l&rsquo;EHESS. Il a déjà écrit trois livres : une biographie de Nino Ferrer (Du Noir Au Sud, chez Calmann-Lévy), un essai sur le compositeur La Monte Young (Le Mot et le Reste) et un recueil de ses chroniques BD (Romans Graphiques, 101 propositions de lecture, Le Mot Et Le Reste).</p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/digital-magma-recto.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1203" alt="Digital Magma Recto" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/digital-magma-recto.jpg?w=257&#038;h=300" width="257" height="300" /></a><br />
<strong>Jean-Yves Leloup : </strong><br />
Auteur, DJ et artiste sonore français, Jean-Yves Leloup a suivi l’évolution de la musique électronique depuis son émergence en Europe à la fin des années 1980. Témoin privilégié de la scène électronique, il s’intéresse parallèlement à l’art contemporain et aux technologies numériques.<br />
Il est l’auteur de l’ouvrage en ligne Les Basiques : La musique électronique (2012) et le co-auteur du livre Global Techno (2000, 16e Grand Prix de Littérature Musicale de l’Académie Charles Cros).</p>
<p>Joseph Ghosn &quot;Musiques numériques, essai sur la vie nomade de la musique&quot; (Seuil, 2013)</p>
<p>Jean-Yves Leloup : &quot;Digital magma, de l’utopie des rave parties à la génération MP3&quot; (première édition, 2007, Scali, édition revue et augmentée, 2013, Le Mot Et Le Reste)</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1265/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1265/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1265&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Ghosn cover</media:title>
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			<media:title type="html">Digital Magma Recto</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>LA FABULEUSE ÉPOPÉE DE LA HOUSE</title>
		<link>http://globaltechno.wordpress.com/2013/05/15/la-fabuleuse-epopee-de-la-house/</link>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 10:39:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Retrouvez sur Dailymotion une table ronde organisée par le magazine Gonzaï, autour de l&#8217;histoire et  l&#8217;évolution de la house, de la scène rave et techno, des années 1990 à nos jours Le 15 mai dernier, j&#8217;étais invité à participer à une table ronde, organisée sur le plateau média de La Gaîté Lyrique à Paris, aux [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1260&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1263" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/05/image37.jpg"><img class="size-full wp-image-1263" alt="Disquaire Gramophone, Chicago, 1998 (c) P-E Rastoin." src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/05/image37.jpg?w=500&#038;h=335" width="500" height="335" /></a><p class="wp-caption-text">Disquaire Gramophone, Chicago, 1998 (c) P-E Rastoin.</p></div>
<h4>Retrouvez sur Dailymotion une table ronde organisée par le magazine Gonzaï, autour de l&rsquo;histoire et  l&rsquo;évolution de la house, de la scène rave et techno, des années 1990 à nos jours</h4>
<p>Le 15 mai dernier, j&rsquo;étais invité à participer à une table ronde, organisée sur le plateau média de La Gaîté Lyrique à Paris, aux côtés de deux pionniers français, Manu Casana, premier organisateur de raves en France, et Christophe Monnier, un des premiers compositeurs du genre. Une belle discussion que vous pouvez retrouver ici, en vidéo.</p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/xzvf5l_la-fabuleuse-epopee-de-la-house-music-party-2_creation?start=20#.UZNljCupYsY">La Fabuleuse Epopée de la House</a> (Party 2)</p>
<p>La première partie de ce plateau rassemblait quant à elle le journaliste et activiste Didier Lestrade, le musicien électronique Arnaud Rebotini et le rédacteur en chef adjoint de Technikart, Benoît Sabatier. Cette émission est aussi visible sur Dailymotion.</p>
<p><a href="http://www.gaite-lyrique.net/evenement/le-gonzai-show-5-du-ghetto-a-guetta-la-fabuleuse-epopee-de-l">La fabuleuse épopée de la house </a>(Party 1)</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1260/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1260/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1260&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Disquaire Gramophone, Chicago, 1998 (c) P-E Rastoin.</media:title>
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	</item>
		<item>
		<title>Global Techno Story (1968-2013) : une conférence de Jean-Yves Leloup dans le Val d&#8217;Oise</title>
		<link>http://globaltechno.wordpress.com/2013/04/18/global-techno-story-1968-2013-une-conference-de-jean-yves-leloup-dans-le-val-doise/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 10:32:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le cadre du festival &#34;Les Printemps sonores&#34; , la médiathèque d&#8217;Eaubonne propsoe une conférence musicale originale animée par Jean-Yves Leloup auteur des livres &#34;Global Techno&#34; et &#34;Digital Magma&#34; (Le Mot Et Le Reste) et journaliste pour le magazine Tsugi, Dans cette conférence richement illustrée en son et en images, Jean-Yves Leloup évoquera les grandes [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1256&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/04/imf_colonnegauche_web_chemin_48591_1361452216.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1257" alt="IMF_COLONNEGAUCHE_WEB_CHEMIN_48591_1361452216" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/04/imf_colonnegauche_web_chemin_48591_1361452216.jpg?w=500"   /></a></p>
<p>Dans le cadre du festival <b>&quot;Les Printemps sonores&quot;</b> , la médiathèque d&rsquo;Eaubonne propsoe une <b>conférence musicale</b> originale animée par <b>Jean-Yves Leloup</b> auteur des livres &quot;Global Techno&quot; et &quot;Digital Magma&quot; (Le Mot Et Le Reste) et journaliste pour le magazine Tsugi,</p>
<p>Dans cette conférence richement illustrée en son et en images, Jean-Yves Leloup évoquera les grandes étapes de l’histoire de la musique électronique, de Pierre Henry à Daft Punk, de la disco d’hier à la minimale techno actuelle, de l’Allemagne des seventies à l’Afrique d’aujourd’hui. Il abordera par ailleurs l’histoire, l’émergence et l’évolution des clubs, des raves et des événements qui ont façonné au cours des dernières décennies, cette culture désormais globale.</p>
<p><b><i>Samedi 20 avril 2013</i></b><i> à 17h30 &#8211; Médiathèque intercommunale Maurice Genevoix place du 11 novembre Eaubonne – gratuit mais réservation obligatoire au 01 39 59 06 44</i>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.valdoise.fr/10629-les-printemps-sonores-2013-musiques-electroniques-en-bibliotheque.htm">En savoir plus</a> sur la manifestation Les Printemps Sonores.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1256/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1256/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1256&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Simon Reynolds : 30 ans de critique musicale</title>
		<link>http://globaltechno.wordpress.com/2013/03/20/simon-reynolds-30-ans-de-critique-musicale/</link>
		<comments>http://globaltechno.wordpress.com/2013/03/20/simon-reynolds-30-ans-de-critique-musicale/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2013 12:56:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la musique]]></category>
		<category><![CDATA[Interview et portraits]]></category>

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		<description><![CDATA[Révélé en France avec Rip It Up &#38; Start Again (Allia), consacré au postpunk et à la new wave, Simon Reynolds, l’un des meilleurs journalistes musicaux actuels, a publié en 2011, Retromania (Le Mot Et Le Reste, 2012), un brillant essai dans lequel il s’interrogeait sur la nature nostalgique de la pop music et les [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1237&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/bring-the-noise.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1238" alt="Bring The Noise" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/bring-the-noise.jpg?w=500&#038;h=331" width="500" height="331" /></a></h4>
<h4><strong>Révélé en France avec <i>Rip It Up &amp; Start Again </i>(Allia), consacré au postpunk et à la new wave, Simon Reynolds, l’un des meilleurs journalistes musicaux actuels, a publié en 2011, <i>Retromania </i>(Le Mot Et Le Reste, 2012), un brillant essai dans lequel il s’interrogeait sur la nature nostalgique de la pop music et les effets esthétiques de la révolution numérique. En ce printemps 2013, les éditions du Diable Vauvert publient quant à elle la traduction française de <i>Bring The Noise : 25 ans de rock et de hip-hop</i>, publié à l’origine en 2006. L’occasion était donc toute trouvée  d&rsquo;évoquer ses livres et ses trente ans d’écriture sur le rock, l’électro ou le hip hop, dans cet entretien réalisé en mars 2012 (publié en version courte dans Tsugi Magazine). On y parle entre autres de new wave, de grime, de garage-rock, de rave parties, de dubstep, d&rsquo;euro-dance, de jouissance, de Derrida, de Kristeva ou du thème de la nostalgie…</strong></h4>
<p>Une rencontre est organisée avec l’auteur le 27 mars 2013 à 19h au Thé des écrivains, 16 rue des Minimes dans le 3<sup>e</sup> à Paris. <a href="http://www.facebook.com/events/425404777544126/">Facebook Event</a>.</p>
<p>À lire sur le même sujet et du même auteur  : <a href="http://www.culturemobile.net/cultures-numerique/musicomanie-20">Comment Internet a transformé notre amour de la musique ?</a></p>
<h3><b style="font-size:13px;"><b style="font-size:13px;">Jean-Yves Leloup : Le slogan des amateurs anglais de Northern Soul, « Keep the faith » (garder la foi) » me semble assez représentatif de cet esprit rétro, de cette atmosphère de nostalgie d’une musique incarnant l’âge d’or d’un genre musical, qui flotte actuellement sur la scène musicale, et que vous évoquez dans <i>Retromania</i>. Vous concernant, après plus de trente ans d’écriture sur la pop, le rock, l’électro ou le hip hop, avez-vous gardé la foi ? Ou l’avez-vous déjà perdu et en quelles circonstances ?</b></b></h3>
<p><strong>Simon Reynolds</strong> : Par défaut, je suis un insatisfait. Au milieu des années 1980, après la période du postpunk, il y a eu un moment pendant lequel la scène musicale, stagnante, ne semblait aller nulle part. J’ai écris à l’époque des choses qui ressemblent beaucoup à ce que je décris dans <i>Retromania</i>. Finalement, je me suis souvent plaint de la musique et de l’état de la scène musicale. Cela alterne avec des périodes obsessionnelles, pendant lesquelles je suis totalement excité par un artiste, ou une tendance particulière.</p>
<p><b>Est-ce à dire que vous avez commencé à écrire, au milieu des années 1980, par réaction à la musique dominante de l’époque ?</b></p>
<p>Oui, j’ai d’abord commencé dans le fanzinat et, à l’époque (vers 1984, NDR), nous avions une attitude très négative, très critique, vis-à-vis de la déroute du postpunk, qui selon nous n’allait plus nulle part, regardait trop dans le rétroviseur. J’ai toujours été une sorte de grincheux, mais mon comportement obéit sûrement plus à une forme de névrose maniaco-dépressive. Totalement maniaque pendant des périodes données, comme le postpunk (1978-84, NDR) ; la fin des années 80, avec le hip hop de l’époque et des groupes comme My Bloody Valentine ; et enfin la période rave.</p>
<p>De manière générale, je suis avide de nouveautés, je vais très vite de l’avant. Mais à l’évidence, nous traversons aujourd’hui la période la plus régressive depuis longtemps. On ne sent pas de vraies directions. La musique se répète, recycle inlassablement. J’espère que cela va changer (rires), mais je crois que ma dernière grande mania, et la dernière grande période d’évolution et d’invention, fût le Grime anglais vers 2002-2004, ainsi que certaines des productions hip hop américaines qui paraissait alors futuristes, pleine d’énergie et d’agression. Le Grime a représenté pour moi une sorte de « black british punk ». C’est une musique très énergique, tout en étant sociale. Cette musique aurait davantage fait sens si elle était apparue plus tard, comme la bande-son des émeutes en Angleterre de l’été dernier. Je ne crois donc pas avoir jamais perdu la foi. Je suis plutôt à la recherche d’une musique qui puisse justifier ma foi en elle. Je suis à la recherche d’une raison pour croire.</p>
<p><b>Dans l’histoire du journalisme musical, on retrouve souvent cette posture d’écriture critique. On commence sa carrière, on prend souvent la plume en réaction à une certaine presse, ou un certain état de la musique.</b></p>
<p>Il y a chez le journaliste musical, particulièrement britannique, cette constante dialectique entre l’amour et la haine. J’ai grandi là-dedans. Ceux qui m’ont inspiré n’étaient pas des journalistes mesurés, objectifs. Ils aimaient, ils détestaient, balançant constamment entre ces deux émotions. Le rock peut en effet parfois paraître abject et répugnant. Et parfois, il peut apparaître comme la chose la plus importante au monde. Quand je parle de « rock », je désigne bien sûr de musique populaire, la musique des jeunes, dans laquelle j’inclus l’électronique et le hip hop. Pour moi, tout ça reste une forme de rock and roll, même si l’électronique a souvent combattu certaines figures, certaines postures du rock.  J’oscille donc constamment entre optimisme et pessimisme.<span id="more-1237"></span></p>
<p><b>Vos premiers textes ont été rassemblés dans<i> Blissed Out : The Raptures of Rock</i> dès 1990…</b></p>
<p>Il s’agit en effet d’une compilation d’articles publiés en partie dans le Melody Maker. Certains ont été co-signé avec David Stubbs ou Paul Oldfield qui, comme moi, avaient démarré leur carrière dans le fanzine Monitor, puis été engagés au Maker. Certains textes collectifs constituaient ce que l’on nomme en anglais des « think pieces », à mi-chemin entre l’enquête et le manifeste. D’autres étaient des interviews réalisées en solo. Ce fut l’une des plus belles périodes de ma vie. Nous avions débuté ce fanzine et, quelques temps plus tard, nous étions salariés par un magazine pour écrire sur la musique ! Très rapidement, nous nous sommes fait remarquer car nous prenions des positions très agressives, nous attaquions certains aspects de la musique tout en défendant de nouveaux artistes. Nous sommes en quelque sorte devenus célèbres dans le milieu de la presse musicale. Si le Maker a toujours été un peu à la traîne du New Musical Express en termes de vente, il est vite devenu le plus intellectuel, cérébral, inventif et engagé des deux magazines. On y défendait le rock alternatif de l’époque : Sonic Youth, My Bloody Valentine, Spacemen 3, etc. C’était une période excitante au cours de laquelle les groupes utilisaient et renouvelaient les idées du psychédélisme. Cette façon d’échappée à la réalité et de se réfugier dans une forme d’extase sonore, me semblait parfaitement résumer l’époque. On a aussi beaucoup écrit sur le hip hop, c’était là aussi une période assez excitante grâce à des groupes comme Public Enemy, Beastie Boys, LL Cool J ou grâce aux premiers titres pop réalisés à l’aide du sampling. Et puis bien sûr, nous avons écrit sur l’acid-house. La plupart des ces textes furent rassemblés sous le concept d’un nouvelle ère psychédélique, « A New Psychedelia ». À l’époque, j’étais très influencé par la philosophie et ce que l’on nomme chez nous, la « french theory », avec des auteurs comme Roland Barthes, Michel Foucault ou Julia Kristeva. L’idée du « blissed out » est une expression qui vient des années 1960, et qui fait directement référence à l’idée de jouissance. Il y a tout un chapitre dans le livre consacré au bruit, entièrement inspiré par la lecture de <i>Pouvoirs de l&rsquo;horreur, essai sur l&rsquo;abjection</i> (1980) de Julia Kristeva. Le noise était un concept particulièrement important dans la presse de l’époque, avec des groupes comme Sonic Youth ou Big Black. Donc, même si c’est un recueil de textes, on y trouve une ligne directrice. Avec le recul, je trouve que ce livre et ses textes sont marqués par une certaine forme de nihilisme, très antipolitique, défendant une musique qui fonctionne comme une forme de refus du monde et de l’Histoire, par le biais de la  jouissance, et notamment une jouissance par le bruit. Cela reflète sans doute la situation de l’époque, Thatcher avait été réélue pour la troisième fois, Reagan avait été réélu lui aussi, c’était une période politique assez sinistre. La politique et la pop ne semblaient pas dialoguer, ne pas fonctionner ensemble. On avait aussi l’impression que cette musique ne serait jamais mainstream, on n’aurait jamais rêvé que le phénomène Nirvana puisse arriver un jour. On écrivait aussi sur les Pixies, Throwing Muses et puis The Young Gods, un groupe suisse marqué par une dimension dionysiaque et romantique. Je lisais des essais à la fois intellos et romantiques, des choses comme George Bataille par exemple. Toutes ces idées bouillonnaient dans mon esprit et je vivais à 100% cette activité de critique musical.</p>
<p><b>Vous avez par contre évoqué les années Postpunk de vos débuts beaucoup plus tard, dans <i>Rip It Up &amp; Start Again</i>, publié en 2005. Le livre égratigne un peu la mythologie du punk, le décrivant sous la forme d’une musique volontiers rétro et nostalgique, tout en insistant sur la créativité des groupes qui lui ont rapidement succédé, dès 1978. Le livre a-t-il été bien reçu ?</b></p>
<p>Bien sûr, même si certains m’ont reproché d’avoir évoqué certains groupes et pas d’autres. Mais franchement, le livre a été très bien accueilli partout, je ne peux pas m’en plaindre. Beaucoup de gens de mon âge n’avaient pas réalisé à quel point la période qu’ils avaient vécue avait été aussi créative. Pour les plus vieux, cela leur a rappelé une époque qu’ils avaient oublié. Pour les plus jeunes, cela a souvent été une découverte, car c’est une époque, un style de musique qui n’avait jamais vraiment été couvert. Les gens se souvenaient  bien sûr des grands groupes de cette période comme Joy Division, New Order et… euh…</p>
<p><b>The Cure !</b></p>
<p>The Cure, bien sûr, mais beaucoup d’autres avaient été oubliés. Et lorsque j’ai écrit le livre, il était encore difficile de pouvoir les découvrir à l’aide de l’Internet, Youtube n’existait pas encore pendant l’écriture de <i>Rip It Up &amp; Start Again</i>. Il m’a donc fallu rassembler beaucoup d’information et de connaissances pour ce livre. C’est vrai que j’ai écrit que le punk était au fond assez conservateur et le postpunk plus inventif, et il est vrai que ce propos n’a pas toujours été bien accepté. Mais je tiens à dire que j’ai toujours adoré plein de groupes punk. Toutefois, je voulais ici rendre un hommage appuyé à tous ceux qui ont suivi, les goths et Siouxsie, la musique industrielle, des choses plus expérimentales comme The Pop Group, Gang Of Four, The Raincoats ou The Talking Heads. Il y a eu tellement de livres sur le punk, ce mouvement a été tellement célébré… Le phénomène punk domine une grande partie de l’histoire de la musique, pas seulement grâce à ses artistes et à ses musiciens, mais aussi grâce à ses looks, son attitude, son caractère extrême, la mort de certains d’entre eux. Tout cela fait une très belle histoire. L’histoire, celle du postpunk, qui a suivi est sans doute moins dramatique, mais sans doute musicalement plus créative. Vous savez, les Sex Pistols ont changé ma vie. Tout comme PIL (l’autre groupe de John Lydon, NDR). Avec ce livre, je voulais plus simplement dire : « assez parlé des Sex Pistols, parlons maintenant de PIL ».</p>
<p><b>Le fait d’aller vivre aux États-Unis a-t-il changé votre vision de la pop anglaise, à laquelle vous vous référez constamment dans vos ouvrages ?</b></p>
<p>J’ai définitivement quitté l’Angleterre en 1995, mais je venais déjà régulièrement aux États-Unis, car ma femme est américaine. La plupart de mes livres ont donc été écrits aux États-Unis, y compris <i>The Sex Revolts</i>, coécrit avec ma femme. Cela m’a sans doute poussé à mieux apprécier la musique anglaise. Aux États-Unis, c’est la rapidité d’évolution de la musique qui m’a particulièrement manqué. Car vous le savez, en Angleterre, les choses changent très vite, il y a plein de magazines de musiques qui sortent chaque semaine, et si quelque chose arrive, si un musicien se distingue, il peut rapidement dominer la une des magazines, les ondes radios ou les programmes télé. C’est beaucoup plus lent en Amérique ou les magazines sont mensuels. Cela prend beaucoup plus de temps aux groupes pour percer. Mais ces dernières années, j’ai retrouvé cette vitesse grâce aux blogs qui vont encore plus vite puisqu’ils sont renouvelés chaque jour. Cela va même trop vite, comme si les choses n’avaient plus le temps de pousser, de s’implanter, elles sont oubliées aussi vite qu’elles ont été mises en ligne. Certains blogs américains me rappellent d’ailleurs la presse britannique, ils sont excités par la nouveauté, semblent toujours à la recherche du nouveau truc. On retrouve chez eux un amour profond de la musique et de la découverte. On y assiste aussi à une certaine compétition des égos, chacun cherche à paraître le plus cool possible, chacun veut être le premier à découvrir tel artiste, ou à écrire sur tel sujet, ce qui a toujours fait partie du journalisme musical. En soi <i>Retromania</i> n’a pas de lien direct avec le fait de vivre aux États-Unis, mais le chapitre dédié au concept d’Hantologie ((un concept puisé chez le philosophe français, Jacques Derrida, NDR) et aux groupes qui s’expriment dans cette tendance (des précurseurs, Boards Of Canada aux productions du label Ghost Box, NDR), a beaucoup à voir avec l’idée de nationalité (et non de nationalisme). Je n’aurais sans doute pas écrit sur eux si je n’avais pas quitté mon propre pays. Dès que je pose le pied à l’aéroport d’Heathrow, je ressens à quel point les deux pays diffèrent. Le langage est identique, mais tout diffère. Même les ethnies, pakistanaises ou caraïbes adoptent quelque chose de typiquement britannique, sans bien sûr abandonner leur identité. Je trouve cette notion de nationalité très importante, c’est ce qui fait toute notre richesse. Chez ces musiciens de l’Hantologie, on retrouve une sensation de perte, de fuite, comme s’ils essayaient de retrouver quelque chose qui s’était perdu au sein de leur culture britannique. Ils ont par exemple grandi avec la BBC, dont ils essayent de retrouver la patine sonore des programmes, de ses fictions et de ses musiques d’illustration. C’est un mélange de nationalité et de nostalgie mêlées que l’on retrouve chez eux. Pourtant en Angleterre, certaines choses changent, et d’autres pas. Elles semblent éternelles.</p>
<p><b>Il me semble que depuis le début des années 2000, l’Angleterre ne possède toutefois plus la même influence, le même rayonnement international. Le Grime, le UK garage, et même une grande partie du dubstep, possèdent quelque chose de typiquement britannique qui s’exporte difficilement.</b></p>
<p>On a beaucoup écrit sur le Grime, pourtant. Mais c’est vrai qu’on a souvent l’impression que la scène britannique ne s’adresse finalement plus qu’à elle-même, qu’elle ne rayonne plus, qu’elle ne dialogue plus avec le reste du monde. Lorsque la jungle et le drum &amp; bass se sont internationalisés, la scène londonienne s’est plongé dans un nouveau son, une nouvelle tendance. C’est une dynamique assez fructueuse. Le dubstep a suivi le même processus. Le genre est récemment devenu international, il incarne une sorte de nouveau son pop/rock américain avec des gens comme Skrillex. Je trouve cette nouvelle période excitante, j’adore la musique qui rend les gens fous, je trouve que c’est une évolution plutôt fun. Ce qui est assez différent du dubstep anglais originel, dont les musiciens et le public paraissent plutôt affectés ou ombrageux (rires). Ils ne supportent d’ailleurs pas ce que l’Amérique a fait de leur musique.</p>
<p><b>Cet immense succès du dubstep aux Etats-Unis, semble provoquer un très fort rejet, dans une partie de la presse comme du public.</b></p>
<p>Je crois que c’est plutôt bien que quelqu’un comme Skrillex puisse devenir une pop star aux États-Unis, car cela pousse les anglais à faire autre chose, à inventer de nouvelles formes. C’est un peu ce qui est arrivé avec The Prodigy, dont le succès n’a en aucun cas détérioré la scène musicale et a aidé l’électronique à pénétrer les charts aux USA, grâce à cette version rock de la rave music ou de la techno. C’est une situation gagnant-gagnant. Je trouve ça amusant de voir des artistes comme Deadmau5 ou Skrillex nominés aux Grammy Awards (Skrillex a remporté en 2012 trois statuettes : Best Remix, Best Dance/electronica Recording et Best Dance/electronica album, NDR). Voire même excitant d’assister au live de Deadmau5, avec ses lignes de basse un peu folles et ses sons abstraits, sur la scène d’un événement aussi traditionnel.</p>
<p><b>Le dubstep sonne tout à fait nouveau pour les jeunes américains, je crois que cela incarne pour eux le son d’une nouvelle ère.</b></p>
<p>Oui, tout à fait, je trouve ça bien.</p>
<p><b>Ce qui est plus étonnant, c’est de constater ce succès de la dance-music aux USA, vingt-cinq ans après les premiers tubes underground de la house. Je suis très surpris de voir cette musique, longtemps restée cloîtrée dans l’underground, accéder au mainstream.</b></p>
<p>Lorsque je conduis à L.A., mes enfants veulent toujours écouter de la musique actuelle, des programmes radio dit « contemporary » comme on dit là-bas. En écoutant récemment les radios californiennes, je me suis dit : <i>« tiens, on se croirait dans les années 1990. Cela ressemble tellement à cette house européenne énergique qu’on écoutait à l’époque »,</i> mais cette fois-ci, sous la forme de pop-songs. Tous ces artistes comme Britney Spears, Pitbull, Flo Rida ou Rihanna font désormais de la techno-pop, ou plutôt une sorte d’euro-house, teintée d’une sensibilité vocale inspirée du rap ou du r&amp;b. Cela me rappelle l’époque de C&amp;C Music Factory par exemple, ou Snap, cette forme de hip house, ce mélange de house énergique et de phrasé rap, que l’on a connu à la fin des années 1980. Ce qui est étonnant, c’est que la pop à guitares aux USA n’a jamais semblé aussi peu pertinente, aussi peu actuelle. Ecoutez des gens comme LMFAO, récemment numéro 1 des charts. Ils ont fait le riff de leur morceau, « Sexy and I Know It » avec une TB 303 : c’est le son de l’acid-house, parvenu enfin au sommet des charts. Et le plus étonnant, c’est que pour beaucoup d’américains, cela sonne désormais tout à fait normal.  La seule musique mainstream qui ait encore conservé le son des guitares aux États-Unis, c’est la country music, qui sonne encore comme du rock à guitare ennuyeux des années 80, tendance Bryan Adams. Quant à la musique mainstream américaine, elle est désormais entièrement électronique, très orientée club. À part bien sûr des artistes comme Adèle ou Lana Del Rey. Toutes les chansons actuelles parlent d’ailleurs de « going crazy », de se mettre la tête à l’envers, d’aller en club, de vivre sans lendemain.</p>
<p><b>Cela peut rappeler la période troublée du disco aux États-Unis, et particulièrement à New York, dont la ferveur festive contrastait avec la dure réalité de l’époque.</b></p>
<p>Oui, c’est une bonne analogie. Les années 70 ont connu des périodes très sombres, mais sans doute pas aussi sombres que celles que nous vivons aujourd’hui. On vit vraiment une époque à laquelle les gens tentent d’échapper, par la fête et la danse. La plupart de ces chansons, qui sont des chansons de fête, possèdent un sous-texte assez sombre. On y évoque le fait de danser jusqu’à la fin du monde, de brûler ses dernières économies, on y chante l’ivresse ultime, le sexe sans limites. C’est quelque chose qui parle aux gens. « Pourquoi attendre », semblent-t-ils se dire, « puisque le futur est incertain » ? Ca me rappelle les vers de « Roadhouse blues », une chanson des Doors : « Well, I woke up this morning, and I got myself a beer / The future&rsquo;s uncertain, and the end is always near » (Je me suis levé ce matin, j’ai bu une bière, le futur est incertain, et la fin est proche »). Cela symbolise parfaitement cet esprit actuel de plaisir et de désespoir mêlés.</p>
<p>On peut d’ailleurs comparer notre époque avec la frénésie de fêtes de l’époque rave, qui est toutefois très différente. La période des raves correspondait avec la chute du Mur de Berlin, l’économie était loin d’être mauvaise… On parlait alors beaucoup de « positivity ». Les paroles des chanson de l’époque, de Prince, Deee-Lite, ou Soul II Soul, parlaient avec optimisme de l’arrivée d’une nouvelle décennie, d’un nouveau départ, même si cela n’a bien sûr duré qu’un an ou deux.</p>
<p><b>Beaucoup de livres consacrés à la house, à la techno et au mouvement des raves ont été publiés à la fin des années 1990 comme <i>Energy Flash : A Journey Through Rave Music and Dance Culture</i>, que vous avez signé en 1998. J’ai l’impression que le mouvement rave a été très rapidement documenté, archivé. Peut-être plus vite que d’autres…</b></p>
<p>Je ne sais pas si on peut l’affirmer ainsi. La house a connu ses premiers succès dès 1986-87, et le mouvement rave a pris une ampleur considérable en Angleterre en 1988. Et il m’a d’ailleurs fallu un certain de temps pour écrire sur ce sujet. Avant <i>Energy Flash</i>, Matthew Collin avait publié un excellent livre <i>Altered States</i>, plus journalistique, qui se penchait en partie sur la consommation d’ecstasy, et sur les relations entre ecstasy et musique.  Mon livre était plutôt dédié à la musique, plus théorique et politique aussi, et plus panoramique. Collin, entièrement centré sur l’Angleterre, se concentrait plus particulièrement sur certains aspects marquants du phénomène, comme les Spiral Tribe, la jungle ou l’acid house. Mais vous avez raison, beaucoup de livres sont sortis vers 1998-99, cela coïncide avec la popularisation du mouvement techno aux États-Unis et alors que le mouvement atteignait une nouvelle apogée en Angleterre. C’était l’époque de Fatboy Slim, <i>Ray of Light, </i>l’album trance de Madonna (réalisé par William Orbit, NDR).</p>
<p><b>Au cours des années 2000, peu de choses ont par contre été publiées sur le sujet…</b></p>
<p>Il y en aura sans doute de nouveaux dans quelques temps, grâce au succès de la nouvelle vague électronique aux États-Unis. Il y a eu d’autres livres intéressants, publiés au cours de cette période comme <i>More Brilliant Than The Sun </i>de Kodwo Eshun, les écrits de David Toop aussi bien sûr, qui certes ne parlaient pas seulement d’électronique. Je crois aussi que l’électronique a connu un certain recul au cours des années 2000, cette musique ne semblait plus alors parler à un grand public. Et puis il y eu le retour éclatant des guitares. Beaucoup d’éditeurs ont dû alors penser que ce mouvement était terminé.</p>
<p><b>Je me souviens qu’au début des années 1990, dans les milieux rave ou cyber, on parlait de « Pronoïa », un terme positif désignant l’inverse de la paranoïa. Un slogan résumait tout : « à tout moment, quelqu’un, dans votre dos, vous veut du bien ».</b></p>
<p>Rires… Cela m’évoque la tendance londonienne de la new age house, proche du Daisy Age incarné par De La Soul.  Et puis il y a eu une nouvelle récession, suivie de la première guerre du Golfe.  C’est étrange à quel point les années 90 semblent aujourd’hui incarner une époque heureuse, malgré quelques moments difficiles, comparé à l’époque à laquelle nous vivons. Il y a un documentaire en ce moment au USA, consacré à Clinton, qui fait justement le portrait d’une époque décrite comme extraordinaire.</p>
<p><b>Avant d’écrire le livre, aviez-vous déjà réalisé à quel point la pop est une musique fondamentalement nostalgique, qui semble éternellement rêver, regretter son innocence ?</b></p>
<p>Bien sûr, j’avais listé toute une série de phénomènes qui me semblaient aller dans cette direction. Ce que je n’avais pas réalisé, c’est que cette tendance rétro et nostalgique était déjà profondément présente au cours des décennies précédentes. Elle remonte même à 1968, lorsque les Beatles ont rendu hommage aux années 1950 à travers quelques morceaux et que Frank Zappa a sorti son album-hommage au genre du Doo-wop. Depuis ses origines, la pop music est à la fois travaillée par une énergie moderniste, et une tendance postmoderniste, qui se penche inlassablement sur sa propre histoire. On retrouve cela dans le glam, un des premiers grands mouvements rétro du rock. Je savais donc qu’il existait de nombreuses tendances rétro, mais il s’agissait surtout, au cours de l’écriture du livre, de découvrir ce que cela signifiait. C’est pour cela que je dresse des parallèles avec la mode par exemple où que je m’attarde particulièrement sur la culture numérique actuelle. J’essaye de voir comment la consommation de musique à travers l’Internet, le téléchargement, des sites comme YouTube, transforment considérablement notre perception du temps et de l’espace. C’est quelque chose que j’ai vécu mais auquel j’avais finalement peu réfléchi. Je me suis plongé avec enthousiasme dans la révolution numérique (j’ai par exemple eu mon premier site web dès 1996), mais comme beaucoup d’autres, après une première période d’euphorie, j’ai été traversé par le doute.</p>
<p><b>Vous ressentez une certaine forme d’anxiété chez les internautes ou chez les amateurs de musique numérique ?</b></p>
<p>Je crois que les gens pensent qu’ils ne vivent pas les choses à fond, qu’ils ne font pas l’expérience pleine et entière des choses qu’ils vivent. Avec le numérique, vous êtes toujours en mouvement, il n’existe aucun répit. Ce dynamisme est d’ailleurs très addictif.  On perd beaucoup de temps, on écoute beaucoup de musique de manière très distraite. On passe continuellement à autre chose. Nous faisons face à tellement de choix. Et tous ces choix paraissant aussi valables les uns que les autres, cela créé une certaine forme d’anxiété, mais aussi une envie, une faim inépuisable de nouveautés.  Cette alliage de faim et d’anxiété créé cette dynamique. Maintenant que l’époque de l’écoute analogique est belle et bien terminée, on se rend mieux compte de ses qualités. Ce qui était bien, c’étaient les limités imposées par ce mode d’écoute, notamment la question du temps et du délai. Les délais imposés par le pressage et la sortie d’un disque permettaient d’entretenir une certaine excitation, une envie.  Il y a longtemps, j’avais l’habitude de lire et relire certains articles de presse qui par la même possédaient une énorme influence sur mes goûts et mes choix. Aujourd’hui, je ne me souviens pas avoir relu un quelconque article paru sur Internet. Et la plupart du temps, vous les lisez très vite car vous avez plein d’autres chose à lire, à faire et à écouter.  Aux États-Unis, beaucoup de livres sont sortis ces derniers temps pour décrire à quel point la vie numérique pouvait être épuisante.</p>
<p>Cette nouvelle vie numérique pose finalement plus de problèmes aux gens qui ont grandi à l’âge de l’analogique, qui ont vécu cette économie et cette époque de la rareté. Car si vous avez toujours vécu à l’âge digital, vous disposez sans doute d’une meilleure sensibilité. Vous connaissez cette expression anglaise « a kid in a candy store » ? Comme si des enfants se retrouvaient dans un magasin de bonbon, boulotaient toutes les friandises, jusqu’à s’en rendre malade, ou fous. Mais un gamin qui aurait grandi dans un magasin de bonbon aurait sûrement une attitude plus mesurée. Je suppose que les gens plus jeunes gèrent mieux cette soif, ou cette faim de nouveautés. Quant aux gens de mon âge, ou un peu plus jeunes, qui ont découvert il y a quelques années le téléchargement, nombre d’entre eux sont tombés dans ce travers de télécharger des milliers de fichiers qu’ils n’avaient jamais écoutés. Pour ma part, j’ai encore et toujours l’impression d’être un enfant lâché dans un magasin de bonbons.</p>
<p><b>On retrouve chez beaucoup de personnages de <i>Retromania</i>, la nostalgie d’un moment perdu…</b></p>
<p>L’un des thèmes principaux du livre en effet est la nostalgie dans la pop, je savais que je traiterais largement du sujet, que j’évoquerais les Beatles et leur chanson « Penny Lane », les Kinks et « The Village Green Preservation Society », le personnage de Morissey… C’est un sujet inépuisable, la pop évoque régulièrement à quel point les choses étaient mieux avant, et à quel point elles se sont perdues. Dans <i>The Sex Revolts</i>, que j’ai signé avec ma femme, Joy Press, toute une partie du livre évoque le culte de l’enfance, tel qu’il s’exprime dans le psychédélisme. Beaucoup de chansons y font référence à l’idée d’un paradis perdu, à Mère Nature, à un océan primaire et utopique. De manière plus générale, il existe une utopie du passé, d’un âge d’or, d’un éden, d’un paradis perdu qui constitue une grande part de la musique.</p>
<p><b>De façon générale, <i>The Sex Revolts : Gender, Rebellion and Rock &lsquo;N&rsquo; Roll</i> (1995) s’intéresse plutôt à la question du genre…</b></p>
<p>Avec ma femme, nous avions remarqué que parmi les groupes que nous aimions, des groupes de rock alternatif, on retrouvait souvent des thèmes assez frappants, mettant en scène des meurtres de femmes, des thèmes très misogynes,  notamment autour de la sexualité et de l’abjection. Là aussi, je m’étais beaucoup inspiré de l’essai de Julia Kristeva. Au départ, nous pensions écrire un livre sur la misogynie dans le rock. Mais peu à peu nous nous sommes intéressés à la manière dont les hommes comme les femmes représentaient leur genre respectif à travers leurs chansons. Cela pouvait se faire de façon négative, conflictuelle ou parfois plus positive. Nous y avions notamment abordé cette question de l’évasion dans le psychédélisme, cette manière de se réfugier dans le bruit, la jouissance, le thème de l’innocence ou du paradis perdu. Le livre parle à la fois d’artistes comme Can, Brian Eno, Van Morrison, Pink Floyd ou My Bloody Valentine, qui tous sont des groupes que j’adore. C’est une sorte de livre psycho-sexuel, une sorte d’interprétation psychanalytique de la musique. Le livre a été bien reçu, mais les gens furent très surpris que l’on écrive tant sur les hommes. Il y a pas mal de livres sur les femmes dans le rock, comme si seules les femmes constituaient un genre spécifique. Et jusque-là, on avait finalement peu écrit sur la masculinité dans le rock, sur cette influence du genre masculin, que l’on évoque le Heavy Metal ou les Stooges, un groupe que j’adore mais qui promeut tout de même une image de la masculinité conquérante voire quasi militaire. On trouve chez eux une imagerie faisant souvent référence aux bombes, à la guerre. Je me suis souvent passionné pour ce thème guerrier, que l’on retrouve chez les Clash ou Public Enemy. On avait parfois l’impression de voir des petits garçons jouer aux soldats ! Cela a donc été très amusant à écrire, tout en étant aussi difficile car c’est un sujet assez dense.</p>
<p><b>J’ai toujours eu l’impression que la pop ressassait inlassablement le souvenir de l’adolescence. Et l’électronique, plutôt la période de l’enfance…</b></p>
<p>Dans <i>The Sex Revolts</i>, toute une partie du livre évoque le culte de l’enfance, tel qu’il s’exprime dans le psychédélisme. Beaucoup de chansons font référence à l’idée d’un paradis perdu, à Mère Nature, à un océan primaire et utopique. Il existe une utopie du passé, d’un âge d’or, d’un éden, d’un paradis perdu qui constitue une grande part de la musique. Et vous avez raison, c’est quelque chose que l’on retrouve dans l’électronique, particulièrement chez des artistes comme Boards of Canada, Aphex Twin…</p>
<p><b>Pour en revenir à <i>Retromania</i>, à la lecture du livre, on s’aperçoit que la scène pop regorge de personnalités conservatrices. Des gens en colère par rapport à leur propre époque, qui préfèrent se replonger dans leur passé ou dans un passé reconstruit et imaginaire…</b></p>
<p>C’est le cas de personnages de la scène garage-rock par exemple. Ils me fascinent car moi-même j’ai traversé des périodes pendant lesquelles j’étais obsédé par certaines musiques du passé, et notamment le garage-punk des 60’s. J’ai beaucoup de sympathie pour ce type de personnages obsédés, qui vivent à travers leur fixation, qui dédient leur vie à cette passion. Mais je n’ai jamais été jusqu’à vouloir fonder un groupe, et je n’ai jamais aimé les groupes modernes qui tentaient de récréer cette musique. C’était à l’époque une musique très intense, aux tonalités adolescentes et sauvages, une musique des années 60 en somme, aucunement nostalgique. J’ai souvent pensé que le garage-punk des années 60 possédait le même esprit que la rave music. Deux tendances marquées par la technologie (le fuzz-tone et la distorsion pour le garage), une musique rapide, jeune et sauvage, entièrement dédiée au présent. Mais bien sûr, lorsque ce type de musique connaît un revival, il y a là une forme de contradiction…</p>
<p>Lorsque je les ai rencontrés pour le livre, ces passionnés du garage me parlaient par exemple de délinquance juvénile, de rebelles des années 50… Et je leur disais que la forme moderne de cette figure n’est rien d’autre que le gangsta-rap. Mais ils me répondaient, « non, non je déteste cette musique ! ». Ma différence avec eux, c’est je m’intéresse avant tout aux manifestations contemporaines de cet esprit, comment il se répète tout en s’incarnant différemment à travers les époques et ce, quel que soit le nom qu’on veuille bien lui donner. Pour moi, le Grime du début des années 2000 était une nouvelle incarnation de cet esprit rebelle et délinquant. C’est du garage-punk d’une certaine façon. C’est une musique simple et crue, utilisant une technologie bon marché, une musique adolescente et excitante, à la fois sexiste et agressive.</p>
<p>Mais il est vrai que de nombreuses personnes finissent par faire une fixation sur ce que la pop, ou le rock, devraient être. Mais c’est aussi arrivé à la scène rave. à l’origine, il était difficile d’imaginer qu’une musique aussi futuriste puisse devenir old-school. Le mouvement rave nostalgique constitue une intéressante contradiction (rires).</p>
<p>On retrouve le même discours chez les vieux ravers, comme chez ceux qui, dans les années 1960, regrettaient déjà le rock d’Elvis Presley ou de Carl Perkins. C’est un peu normal car cette attitude puriste a souvent fait partie de la scène techno et house, et certains ont toujours fait référence aux premiers temps de ces styles musicaux comme à une époque bénie. J’ai même tendance à penser que les fans britanniques les plus purs de house music sont des gens très grincheux, particulièrement dédaigneux de la nouveauté. À New York, la plupart des gens de la scène house ont détesté le UK Garage, le 2-step ou même les productions de Todd Edwards. Ils voulaient que la house ressemble inlassablement à son modèle de la fin des années 80. Chacun, ou du moins beaucoup d’amateurs de musique, finissent par traverser ce genre de période.</p>
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		<pubDate>Wed, 20 Mar 2013 08:03:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Blissed Out : The Raptures of Rock, Serpent&#8217;s Tail, 1990 Une compilation des premiers textes de Simon Reynolds célébrant l’underground de la fin des années 1980, de My Bloody Valentine à LL Cool J, en passant par Nick Cave, Butthole Surfers ou Front 242. En anglais. The Sex Revolts : Gender, Rebellion and Rock &#8216;N&#8217; Roll , [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1244&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/blissed-out.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1245" alt="Blissed Out" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/blissed-out.jpg?w=201&#038;h=300" width="201" height="300" /></a></p>
<p><b><i>Blissed Out : The Raptures of Rock</i>, Serpent&rsquo;s Tail, 1990</b></p>
<p>Une compilation des premiers textes de Simon Reynolds célébrant l’underground de la fin des années 1980, de My Bloody Valentine à LL Cool J, en passant par Nick Cave, Butthole Surfers ou Front 242. En anglais.</p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/sexrevoltsuk.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1246" alt="sexrevoltsUK" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/sexrevoltsuk.jpg?w=194&#038;h=300" width="194" height="300" /></a></p>
<p><b><i>The Sex Revolts : Gender, Rebellion and Rock &lsquo;N&rsquo; Roll</i> , en collaboration avec Joy Press, Serpent&rsquo;s Tail, 1995</b></p>
<p>L’histoire du rock revue et corrigée à travers une série de textes s’intéressant à la question de la misogynie, de la violence, de la virilité ou de la féminité. De Gun’s &amp; Rose aux Stooges, en passant par The Clash, Patti Smith ou Chrissie Hynde. En Anglais.</p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/energy-flash.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1247" alt="Energy Flash" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/energy-flash.jpg?w=200&#038;h=300" width="200" height="300" /></a></p>
<p><b><i>Energy Flash : A Journey Through Rave Music and Dance Culture, Pan Macmillan</i>, 1998, réédition et mise à jour en 2008 et 2012.</b></p>
<p>Une histoire détaillée du mouvement house, techno et rave. L’un des ouvrages définitifs sur le sujet. En anglais.<span id="more-1244"></span></p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/rip_it_up_and_start_again_1_450-1.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1248" alt="rip_it_up_and_start_again_1_450-1" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/rip_it_up_and_start_again_1_450-1.jpeg?w=196&#038;h=300" width="196" height="300" /></a></p>
<p><b><i>Rip It Up and Start Again : Post Punk 1978-1984</i>, Faber and Faber Ltd, 2005, édition française, Allia, 2007</b></p>
<p>Le livre le plus célèbre de Reynolds, qui égratigne la mythologie du punk en insistant sur la créativité des groupes qui ont succédé au punk dès 1978 : « Je voulais rendre un hommage appuyé à tous ces groupes, et pas seulement Joy Division, The Cure ou New Order, qui ont suivi l’explosion du punk : les goths et Siouxsie, la musique industrielle, des choses plus expérimentales comme The Pop Group, Gang Of Four, The Raincoats ou The Talking Heads. Avec ce livre, je voulais simplement dire : « assez parlé des Sex Pistols, parlons plutôt de PIL ! » (l’autre groupe de John Lydon qui a suivi les Pistols, NDR) ».</p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/brint-the-noise-fr.gif"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1249" alt="Brint the noise FR" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/brint-the-noise-fr.gif?w=197&#038;h=300" width="197" height="300" /></a></p>
<p><b><i>Bring The Noise : 25 ans de rock et de hip hop</i>, (Faber and Faber Ltd, 2007 ; traduction française : Au Diable Vauvert, 2013)</b></p>
<p>De Morrissey à Nick Cave, en passant par The Streets ou Kanye West, Reynolds explore ici les différences et les points de rencontre entre le <i>white alternative rock</i> et la <i>black street music</i>. Annoncé en traduction française aux Editions du Diable Vauvert.</p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/totallywiredusscan.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1250" alt="totallywiredUSscan" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/totallywiredusscan.jpg?w=199&#038;h=300" width="199" height="300" /></a></p>
<p><b>Totally Wired : Postpunk interviews and overviews, Faber &amp; Faber, 2009</b></p>
<p>Un livre en forme de bonus, destiné à compléter le plus célèbre <i>Rip It Up &amp; Start Again. </i>On y retrouve quantité d’interviews, Ari Up des Slits, Alan Vega, Mark Stewart, John Peel, Richard H. Kirk de Cabaret Voltaire ou Paul Morley du label ZTT, ainsi que des textes additionnels sur Joy Division, le Mutant Disco ou Brian Eno. En anglais.</p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/couv_retromania.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1251" alt="couv_retromania" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/03/couv_retromania.jpg?w=216&#038;h=300" width="216" height="300" /></a></p>
<p><b>Retromania, comment la culture pop recycle son passé pour s’inventer un futur, Le Mot et le Reste, 2011.</b></p>
<p>Reynolds se penche ici sur la nature nostalgique et rétro de la pop music à travers les âges, depuis l’album blanc des Beatles au phénomène du streaming, en passant par les thèmes du revival, du remix ou du mash-up. Parfaitement traduit par Jean-François Caro. Un ouvrage de référence qui nous aide à mieux penser l’impact esthétique de la révolution numérique.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1244/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1244/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1244&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Rencontre et signature autour du livre DIGITAL MAGMA</title>
		<link>http://globaltechno.wordpress.com/2013/03/15/digital-magma-de-lutopie-des-rave-parties-a-la-generation-mp3/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Mar 2013 07:35:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Commandes des livres]]></category>

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		<description><![CDATA[Une nouvelle version, revue et augmentée, de Digital Magma, l&#8217;essai de Jean-Yves Leloup, est disponible chez Le Mot Et Le Reste, et dans les librairies, avec un nouveau sous-titre, &#34;De l&#8217;utopie des rave parties à la génération MP3 (communiqué de presse et 4e de couverture, ci-dessous). Vous pouvez l&#8217;acheter sur Amazon ou sur le site de l&#8217;éditeur. Rencontre avec [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1202&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle version, revue et augmentée, de <em>Digital Magma</em>, l&rsquo;essai de Jean-Yves Leloup, est disponible chez Le Mot Et Le Reste, et dans les librairies, avec un nouveau sous-titre, &quot;De l&rsquo;utopie des rave parties à la génération MP3 <em>(communiqué de presse et 4e de couverture, ci-dessous)</em>.</p>
<p>Vous pouvez l&rsquo;acheter sur <a href="http://www.amazon.fr/Digital-magma-lutopie-rave-parties/dp/2360540823/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1363364455&amp;sr=8-1">Amazon</a> ou sur le site de <a href="http://lemotetlereste.com/mr/commander?ref_livre=2892">l&rsquo;éditeur</a>.</p>
<p><strong>Rencontre avec l&rsquo;auteur et signature</strong>, le vendredi 22 mars de 17h à 19h, sur le stand T 24 des éditions Le Mot Et Le Reste, au <a href="http://www.salondulivreparis.com/">Salon du Livre</a>, Porte de Versailles à Paris.</p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/digital-magma-recto.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1203" alt="Digital Magma Recto" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/digital-magma-recto.jpg?w=429&#038;h=500" width="429" height="500" /></a></p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/digital-magma-verso.jpg"><span id="more-1202"></span><img class="aligncenter size-large wp-image-1204" alt="Digital Magma Verso" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/digital-magma-verso.jpg?w=426&#038;h=500" width="426" height="500" /></a></p>
<p>Quatrième de couverture :</p>
<p>De l’utopie des rave parties à la génération MP3 : vingt ans de révolutions musicales et technologiques</p>
<p>L’émergence de la musique électronique, d’une nouvelle génération d’artistes et des technologies numériques ont bousculé le paysage musical mondial. Du côté des musiciens, depuis la fin des années 1980, le mouvement techno et ce que l’on nomme aujourd’hui, les musiques électroniques, ont apporté un nouveau souffle, balayant parfois l’ordre établi par le rock et la pop, et imposant de nouvelles règles du jeu : créations partagées et éphémères, sampling généralisé, règne du DJ, pratique du mix et du remix, nouvelle et micro-économie… Mais cette révolution esthétique, qui a fini par contaminer une grande partie de la musique au cours des années 1990 et 2000, ne se limite pas aux seuls artistes. La démocratisation du numérique, des moyens de diffusion, d’échanges et d’écoute, transforme le rapport du public à la musique. Au-delà de la simple question du piratage, la génération adepte du MP3 et des réseaux sociaux, invente aujourd’hui de nouveaux codes, de nouvelles pratiques, qui bousculent notre façon de « consommer » la culture.</p>
<p>Auteur, DJ et artiste sonore français, Jean-Yves Leloup a suivi l’évolution de la musique électronique depuis son émergence en Europe à la fin des années 1980. Témoin privilégié de la scène électronique, il s’intéresse parallèlement à l’art contemporain et aux technologies numériques.</p>
<p>Il est l’auteur de l’ouvrage en ligne <i>Les Basiques : La musique électronique</i> (2012) et le co-auteur du livre <i>Global Techno</i> (2000, 16<sup>e</sup> Grand Prix de Littérature Musicale de l’Académie Charles Cros).</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1202/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1202&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Digital Magma Recto</media:title>
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			<media:title type="html">Digital Magma Verso</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>CINÉREX : nouvelle séance le 1er mars autour de Detroit</title>
		<link>http://globaltechno.wordpress.com/2013/02/24/cinerex-un-cycle-de-films-et-de-documentaires-sur-lelectronique-et-la-dj-culture/</link>
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		<pubDate>Sun, 24 Feb 2013 13:42:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Rex Club fête ses 25 ans avec CINÉREX, une programmation de fictions et de documentaires consacrés à la musique électronique, au clubbing et à la DJ culture, projetés dans les cinémas du Rex  à Paris (et non pas au Rex Club), avant chacune des grandes dates qui accueilleront les artistes de la scène électro [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1186&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4></h4>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/01/motorcity.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1218" alt="motorcity" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/01/motorcity.jpg?w=500&#038;h=281" width="500" height="281" /></a></p>
<h4>Le Rex Club fête ses 25 ans avec CINÉREX, une programmation de fictions et de documentaires consacrés à la musique électronique, au clubbing et à la DJ culture, projetés <span style="text-decoration:underline;">dans les cinémas du Rex  à Paris (et non pas au Rex Club)</span>, avant chacune des grandes dates qui accueilleront les artistes de la scène électro venus fêter l’événement.</h4>
<p>Tout au long de l’année 2013, Cinerex, programmé par l’équipe du club et le journaliste Jean-Yves Leloup, explorera les multiples univers de la scène électro, de la fièvre du disco des années 1970 à l’univers des free-parties des années 2000, en passant bien sûr par l’histoire de la house de Chicago, l’épopée de la techno de Detroit ou de Berlin, sans oublier l’aventure des premières raves britanniques et françaises.</p>
<p><strong>CINEREX 2</strong> : <strong><span style="text-decoration:underline;color:#ff0000;">LE VENDREDI 1ER MARS</span> À 22h</strong></p>
<p>Event Facebook : http://www.facebook.com/events/565798240105438/</p>
<p><a href="http://www.digitick.com/cine-rex-2-cycles-of-mental-machines-loisirs-le-rex-club-paris-01-mars-2013-css4-digitick-pg101-ri1638380.html">Réservez des places</a></p>
<p>Séances à 22H au Grand REX présentée par Jean-Yves Leloup. En présence de la réalisatrice Jacqueline Caux et de CARL CRAIG.</p>
<p><em><strong>CYCLES OF THE MENTAL MACHINES : SUR LES TRACES D’ELECTRIFYING MOJO</strong></em> (France, 2008, 52mn) de Jacqueline Caux, avec Carl Craig, Mad Mike, Mojo… (sous-titres français).</p>
<p>La réalisatrice Jacqueline Caux nous invite ici à un voyage initiatique qui remonte aux sources de la musique noire américaine et dresse un portrait humaniste de la ville de Detroit. Traversant, aux côté de Carl Craig, la ville de part en part au son de la musique d’Underground Resistance et de Juan Atkins, elle visite studios, clubs, églises, ateliers, immeubles abandonnés et terrains en friche, tout en évoquant ses racines blues et gospel, les événements sociaux et politiques qui ont marqué son histoire, sans oublier la grande époque du label Motown et bien sûr la naissance de la techno moderne.<span id="more-1186"></span></p>
<p>Une visite guidée par la voix de deux légendes de la ville, celle de Mad Mike, fondateur d’UR qui, fidèle à sa légende, apparaît en ombre chinoise. Et puis surtout celle du charismatique Charles Johnson, mieux connu sous le nom de The Electrifying Mojo, un animateur radio des années 1970 et 80 qui a initié tous les futurs pionniers techno de Detroit, à la musique électronique.</p>
<p>Pour en savoir plus, lisez <a href="http://globaltechno.wordpress.com/2013/02/23/the-electrifying-mojo-socrate-noir/">notre article</a> consacré à ce documentaire et au personnage d&rsquo;Electrifying&rsquo; Mojo, le Socrate noir.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1186/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1186/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1186&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Digital &amp; Nueva Cumbia : freestyle de ritmos</title>
		<link>http://globaltechno.wordpress.com/2013/02/23/digital-nueva-cumbia-freestyle-de-ritmos/</link>
		<comments>http://globaltechno.wordpress.com/2013/02/23/digital-nueva-cumbia-freestyle-de-ritmos/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 23 Feb 2013 10:02:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Auteur : Jean-Yves Leloup Version longue et inédite d&#8217;un article publié à l&#8217;automne 2011 dans le magazine Tsugi. Entre folklore, bricolages numériques et culture du sound-system, une nouvelle vague de musiciens et de DJs de Buenos Aires revitalisent les rythmes ancestraux de la cumbia et de toute la musique sud-américaine. Avec El Remolón, Chancha Via [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1210&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<address>Auteur : Jean-Yves Leloup</address>
<address>Version longue et inédite d&rsquo;un article publié à l&rsquo;automne 2011 dans le magazine Tsugi.</address>
<div id="attachment_1211" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/zzkcrew_small.jpg"><img class="size-large wp-image-1211" alt="L'équipe du label Zizek de Buenos Aires" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/zzkcrew_small.jpg?w=500&#038;h=333" width="500" height="333" /></a><p class="wp-caption-text">L&rsquo;équipe du label Zizek de Buenos Aires</p></div>
<h4>Entre folklore, bricolages numériques et culture du sound-system, une nouvelle vague de musiciens et de DJs de Buenos Aires revitalisent les rythmes ancestraux de la cumbia et de toute la musique sud-américaine. Avec El Remolón, Chancha Via Circuito ou El Hijo De La Cumbia, vous n’écouterez plus jamais un bandonéon ou une flûte de pan de la même manière.</h4>
<p>Un soir de septembre, un rythme de cumbia synthétique envahit le 104. Le tranquille et placide El Remolón vient de lâcher depuis son laptop, « Bolivia », un titre lent, à la mélodie heureuse et entêtante, flirtant avec le dub, porté par un groove paresseux (c’est le sens du mot « remolón »). L’effet est immédiat. Ces anciennes Pompes Funèbres parisiennes, reconverties en vaste établissement culturel, s’imprègnent d’une sensualité qu’elles n’ont sans doute jamais connu par le passé. La douceur du tempo libére les corps, les filles ondulent gracieusement les bras, les sourires s’affichent sur le visage de chacun des danseurs. Pour certains, c’est comme une révélation, voire une épiphanie. Le son à la fois électronique et latin de cette nouvelle vague venue de Buenos Aires, encore totalement inconnu en France, possède une telle fraîcheur, et un tel caractère novateur, qu’il semble effacer en quelques mesures, plus de vingt ans d’histoire de house, de techno ou d’électro.</p>
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<p>Parfois, tout en pianotant sur son ordi, El Remolón, le sourire en coin et la chemise à fleur, empoigne le micro, interprétant une chanson au charme cadencé, entre rap <i>tranquíl </i>et confidence de crooner. Son set, à la fois cool et magistral, se termine par une étrange forme de transe, portée par une voix en boucle déclamant un simple mot, « bailando » (en français « dansant »), noyé dans la réverb et de lointains échos de percussions. <span id="more-1210"></span></p>
<p>Le set de Lagartijeando qui lui succède, sonne plus exotique, et plus inventif encore. Entre laptop et flûte des Andes, Mati Zundel revisite avec une folle intelligence le folklore et les percussions du continent sud-américain, enrichies d’inflexions dubstep ou drum &amp; bass.</p>
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<p>À quelques mètres de là, sous la nef du 104, le trio Tremor livre un concert tout aussi réussi, mariant percussions traditionnelles, séquences synthétiques et influences croisant le dub et le psychédélisme.</p>
<p>Enfin, dernier argentin de la soirée, El Hijo De La Cumbia, aux commandes d’un sound-system au son plus massif, parfume sa cumbia au downtempo et aux infusions de dub, face à un public français conquis. C’est bien simple, avec lui, le bandonéon sonne aussi dynamique et diabolique qu’une TB 303, ce petit instrument électronique qui délivrait hier encore les boucles obsédantes de l’acid house ou de la trance.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Cumbia panamericana</b></p>
<p>Pour beaucoup d’entre nous, la cumbia n’évoque pas grand chose, si ce n’est peut-être « La Colegiala » de Rodolfo Y Su Tipica, célèbre bande-son d’un spot Nescafé des années 1980. Les amateurs de sono mondiale et de folklore savent quant à eux que c’est à la fois une danse et une musique, nées en Colombie au 18<sup>e </sup>siècle, parfaite synthèse de l’histoire du continent sud-américain. Les percussions et tambours viennent d’Afrique, les sifflets et les flûtes sont d’origines indiennes, tandis que les chansons viennent de la poésie espagnole. Au fil de ses migrations, la Cumbia s’est exportée vers des pays comme Cuba, le Panama, le Mexique, le Pérou ou, partir des années 1930, l’Argentine, se métissant avec les cultures locales.</p>
<p>Avec la Cumbia Sonidera, le Mexique a récemment renouvelé cette musique traditionnelle et panaméricaine, sous la forme d’une cumbia au tempo languide, nourrie à l’électro, au hip hop et à la bass music, jouée lors de gigantesques sound-systems organisés dans les faubourgs désolés des grandes villes du pays. Avec la Cumbia Villera et son tempo traînant, les ghettos de l’Argentine, et en particulier de Buenos Aires, ont eux aussi fait évoluer le genre, sous la forme d’une cumbia plus cheap et synthétique, souvent très commerciale, d’inspiration <i>gangsta</i>, dont les paroles et l’attitude peuvent rappeler le Baile Funk de Rio de Janeiro.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>ZZK, trois lettres qui veulent dire Zizek</b></p>
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<p>Au-delà de la Cumbia Villera et de ses bad boys, ou de la cumbia plus traditionnelle qui rassemble chaque week-end des milliers d’amateurs dans de vastes clubs de la banlieue de Buenos Aires, c’est chez une nouvelle génération de jeunes Porteños (« les gens du port », c’est-à-dire les habitants de la capitale argentine), que ce genre musical connaît actuellement une véritable révolution. Nourris à la dance-music européenne et américaine, férus de techno minimale et latiniste (celle de Villalobos, Luciano ou Pier Bucci), de dub, de dancehall, de reggaeton ou de bass music, les petits génies du label Zizek inventent depuis trois ans une nouvelle forme d’électronique latine, dans laquelle les sonorités de la cumbia, mais aussi les instruments de la musique folklorique d’origine argentine ou andine, se voient revitalisés par la technologie numérique. Depuis le lancement de leur soirée en 2006, suivi deux ans plus tard de la fondation du label, on a tôt fait de dénommer Cumbia Digital ou Nueva Cumbia, la musique de Tremor, El Remolón, Lagartijeando, King Coya ou du génial Chancha Via Circuito. Pourtant, selon Grant, fondateur du label, le collectif n’entend pas être réduit à cette simple étiquette : <i>« nous ne nous considérons pas comme des musiciens de cumbia à part entière, et pas plus comme des musiciens de folklore »</i> précise cette américain tombé amoureux de Buenos Aires il y a quelques années, <i>« mais plutôt comme des artistes, des musiciens actuels qui expérimentent naturellement avec le son, ainsi qu’avec leur propre culture, leur héritage. On préférerai,  non pas que les gens se soucient d’où nous venons, mais plutôt où nous allons, vers quelle direction »</i>. <i>« L’idée »</i> ajoute Andrès, alias<b> </b>El Remolón<i>, « ce n’est pas de sampler la musique traditionnelle, d’en faire une boucle, et de la poser sur un rythme électronique. C’est beaucoup plus complexe. Pour ma part, je ne considère pas faire de la nueva cumbia. Je m’inspire de ce genre musical, de son atmosphère, de son groove, d’une certaine forme de dynamique vocale, d’un certain type d’accords, de quelques fragments de percussions que je réinjecte dans ma propre musique, nourrie au dub et à l’électro ».</i></p>
<p><b style="font-size:13px;">L’enfant de la cumbia</b></p>
<p>L’autre grande figure de ce mouvement argentin, c’est Emiliano Gómez, alias El Hijo De La Cumbia, tout juste 26 ans, qui lui, préfère souvent le terme de cumbia-dub pour définir son électronique nourrie au hip hop et au downtempo, enfumée par la réverb et dynamitée par le bandonéon. Face aux artistes de Zizek, qui incarnent selon lui, la face plus élitiste et bourgeoise du mouvement nueva cumbia (mais aussi, selon nous, la plus novatrice), Emiliano se veut un homme du peuple. <i>« Je suis né et j’ai grandi dans le barrio de Vicente Lopez, très loin du centre-ville de Buenos Aires et de son influence européenne »</i>, nous apprend cet affable fumeur de joint, rencontré dans les bureaux parisiens du label Ya Basta. <i>«  C’est là que commence la véritable Amérique latine. OK, c’est plutôt dangereux, on ne sait  jamais trop ce qui peut nous arriver au cours de la journée, mais les gens y sont aussi plus calmes, plus sensibles aux racines indiennes et aux rythmes africains de la cumbia. À Vicente Lopez, comme à San Martin, où je vis aujourd’hui, la musique y est présente partout, elle immerge toute la vie du quartier. Dans la rue, tu as toujours une voiture qui passe avec ce rythme si caractéristique, chi-chi-chi, chi-chi-chi, qui s’échappe de ses haut-parleurs. Quoi que je fasse, du matin au soir, je vit, je mange et je respire cumbia comme des milliers d’autres habitants du quartier ». </i></p>
<span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='500' height='312' src='http://www.youtube.com/embed/41-P30jwMw4?version=3&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span>
<p><b>Nueva Cumbia, nouvelle salsa, nouvelle house ?</b></p>
<p>Pour autant, la musique d’Emiliano, tout comme celle de Zizek, plus vraiment underground mais pas encore mainstream, est loin de faire l’unanimité dans leur pays.  S’ils ont d’ores et déjà conquis les argentins les plus curieux, ils peinent encore à séduire les adeptes de cumbia traditionnelle ou les bad boys de la cumbia villera. Leur musique trouve par contre un écho croissant à l’étranger, dans les clubs comme les festivals, que cela soit en Amérique du Sud, aux Etats-Unis ou en Europe. Philippe Cohen Solal, fondateur du trio Gotan Project et du label parisien Ya Basta, figure parmi les premiers européens à s’être enthousiasmé pour cette nouvelle vague argentine. En cet automne 2011, il vient de rééditer <i>Freestyle de Ritmos</i>, le premier véritable album d’El Hijo De La Cumbia, sorti en 2008 en Amérique latine. Et, avec <i>La Revancha En Cumbia</i>, il a commandé à toute la nouvelle vague porteña une série de remixes du premier album de Gotan Project, <i>La Revancha Del Tango</i>. <i>« Le disque d’El Hijo De La Cumbia est pour moi l’un des plus forts de cette nouvelle vague, avec </i>Rio Arriba <i>et </i>Rodante<i> de Chancha Via Circuito, du label Zizek. Il me semblait important de le rééditer, dans une version quelque peu remaniée et de contribuer à le faire connaître en Europe. Avec l’album de remixes de Gotan, ayant moi-même beaucoup puisé dans la musique argentine, le tango comme le folklore, il s’agissait là aussi de participer à la reconnaissance de ce mouvement en Europe. Je dirais que cette nouvelle musique argentine, et la nueva cumbia en particulier, est une musique « élitaire pour tous », qui peut connaître un grand succès chez nous, au même titre que la salsa qui a éclaté dans les années 1980.  La première fois qu’on a entendu El Hijo De La Cumbia, c’était dans un tout petit club parisien, Le Café Des Sports. On était une cinquantaine, tout au plus, on a passé une super soirée, et on a tous eu un peu l’impression de découvrir un truc totalement neuf, comme si on était là au tout début d’un mouvement. Un peu comme si on avait pu découvrir la house en 1986 à Chicago».</i></p>
<p><b style="font-size:13px;">Discographie sélective</b></p>
<p><b>El Hijo De La Cumbia<i> Freestyle de Ritmos</i>, 2008, réédition 2011, Ya Basta</b></p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/el-hijo.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1212" alt="El Hijo" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/el-hijo.jpeg?w=500"   /></a></p>
<p>Le premier véritable album du petit prodige argentin. Inspiré par l’esprit des sound-system, ce <i>Freestyle</i> possède un son dense et massif, des rythmiques complexes et chargées, dynamitées par un bandonéon hystérique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>El Remolón, <i>Pibe Cosmos</i>, 2008 ; Pangeatico EP, 2011, ZZK</b></p>
<span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='500' height='312' src='http://www.youtube.com/embed/9guoTgUTm1o?version=3&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span>
<p>Inspiré par le minimalisme techno, mais aussi par les bricolages de Señor Coconut, El Remolón est l’auteur d’une électronique au groove <i>muy tranquil</i> mais totalement irrésistible. Parmi ses chef d’œuvres, signalons « Alza Las Manos », « Cumbia Bichera », « Bolivia » ou « La Bonita ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Gotan Project <i>La  Revancha En Cumbia</i>, 2011, Ya Basta</b></p>
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<p>Le trio parisien invite les artistes les plus créatifs de la nouvelle scène argentine (Chancha Via Circuito, King Coya, El Hijo De La Cumbia, El Remolón ou Tremor) à remixer son classique de 2001, vendus à des millions d’exemplaires. Une musique au groove inédit, à mi-chemin entre électro, tango et expérimentations nueva cumbia.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i>Arriba La Cumbia !</i>, 2008, Crammed Discs</b></p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/arriba-la-cumbia.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1213" alt="arriba-la-cumbia" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/arriba-la-cumbia.jpg?w=300&#038;h=300" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Une compilation rassemblée par le DJ Russ Jones, qui fait la jonction entre la cumbia colombienne et old-school d’Aniceto Molina, Los Guacharacos ou Alberto Pacheco, et des remixes plus actuels du mexicain Toy Selectah, Up, Bustle &amp; Out et, aïe, Basement Jaxx.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i>ZZK Sound Vol.1 et 2</i>, 2008 et 2009, ZZK</b></p>
<span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='500' height='312' src='http://www.youtube.com/embed/8VDmlBjyD40?version=3&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span>
<p>Deux compiles, souvent inégales, qui synthétisent toutefois l’esprit de cette nouvelle vague argentine. À écouter en priorité, « Prima » de Chancha Via Circuito, « Fatbot es Lim (Tremor Remix) » par Intima et «Cumbiatron » de King Coya.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Chancha Vía Circuito, <i>Rodante</i>, 2008, <i>Rio Arriba</i>, 2010.</b></p>
<span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='500' height='312' src='http://www.youtube.com/embed/rTTLsyE4jkY?version=3&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span>
<p>Minimale et percussive, parfois vocale, la musique de Chancha revisite avec inventivité tout l’héritage folklorique sud-américain, des Antilles à la Terre de Feu. Il faut aussi écouter ses incroyables podcasts réalisés pour Dub Radio et XLR8R.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Tremor, <i>Para Armar</i>, 2011, ZZK</b></p>
<p><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/tremor-paraarmarzzkrecords2010.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1214" alt="Tremor-ParaArmarZZKRecords2010" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2013/02/tremor-paraarmarzzkrecords2010.jpg?w=296&#038;h=300" width="296" height="300" /></a></p>
<p>Autre petit génie, Leonardo Martinelli a rassemblé ici quelques inédits ainsi que ses meilleurs remixes réalisés pour ses potes mexicains Fussible ou Latinsizer, ou argentins comme El Remolón ou Intima. Résolument panaméricain, le style de Tremor conjugue électronica et science de la percussion.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1210/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1210/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1210&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">L&#039;équipe du label Zizek de Buenos Aires</media:title>
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			<media:title type="html">El Hijo</media:title>
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		<title>THE ELECTRIFYING MOJO : SOCRATE NOIR</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Feb 2013 09:41:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte : Jean-Yves Leloup. Image : Le bitume lézardé du centre-ville de Detroit par Pierre-Emmanuel Rastoin Le documentaire, The Cyles Of The Mental Machine : Sur les traces d’Electrifying Mojo , évoque la figure légendaire de cet animateur radio qui a inspiré toute la scène de Detroit, à l’heure de l’émergence de la techno. Prochaine [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=155&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<address><em>Texte : Jean-Yves Leloup. Image : Le bitume lézardé du centre-ville de Detroit par Pierre-Emmanuel Rastoin</em></address>
<h4><a href="http://globaltechno.files.wordpress.com/2008/08/detroit-ground.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-156" alt="" src="http://globaltechno.files.wordpress.com/2008/08/detroit-ground.jpg?w=500&#038;h=350" width="500" height="350" /></a><br />
<strong>Le documentaire, <em>The Cyles Of The Mental Machine : Sur les traces d’Electrifying Mojo</em> , évoque la figure légendaire de cet animateur radio qui a inspiré toute la scène de Detroit, à l’heure de l’émergence de la techno.</strong></h4>
<p><strong>Prochaine diffusion du film le samedi 6 avril 2013 à 20h30 au Forum des Images dans le cadre de la programmation &quot;En avant la musique : musique et société&quot; (<a href="https://www.facebook.com/events/426425437443638/">Facebook Event</a> / <a href="http://tinyurl.com/blqjhbe">Achat de billets en ligne</a>) en présence de la réalisatrice et de Matthieu Guillien, professeur en histoire des musiques électroniques à la Sorbonne Nouvelle.</strong></p>
<p><strong>Le</strong> <strong>DVD est disponible à la vente notamment chez <a href="http://www.amazon.fr/gp/offer-listing/B001TLWR8M/ref=pd_lpo_k2_dp_sr_1?pf_rd_p=471061593&amp;pf_rd_s=lpo-top-stripe&amp;pf_rd_t=201&amp;pf_rd_i=B00211SHN8&amp;pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&amp;pf_rd_r=0FSEKWWK6XPHJB2JEH2N">Amazon.</a></strong></p>
<p>C’est à un voyage initiatique que nous invite Jacqueline Caux, réalisatrice de ce documentaire émouvant. Un trip qui, s’il est motivé par la passion de cette auteure et artiste pour les rythmes machiniques de la Motor-City, remonte aux sources de la musique noire américaine et dresse un portrait humaniste de la capitale techno. Traversant la ville de part en part, elle visite ainsi studios, clubs, églises, ateliers, immeubles abandonnés et terrains en friche, tout en évoquant les racines blues et gospel du genre, les événements sociaux et politiques qui ont secoué la ville depuis les émeutes de 67 et la crise de 73, sans oublier la grande époque du label Tamla Motown, et bien sûr la naissance de l’électronique moderne. Il y a quelques grands moments dans ce film. Une longue scène, filmée à l’église, où un génial pasteur, habité par la soul, électrise la foule. Et une autre, tournée à l’intérieur du petit club, Bert’s, où se succèdent jeunes musiciens de jazz, rappeurs en herbe et vieilles mamas venant crier leur amour du rhythm &amp; blues. On y rencontre aussi Carl Craig, on pénètre les studios de Submerge et l’on comprend un peu mieux ce qui semble lier ces musiciens à « cette ville au charme tout à la fois puissant et paradoxal ». <span id="more-155"></span><br />
Mais surtout, cette visite est ponctuée par deux voix, belles et graves. Celle de Mad Mike, fondateur d’UR qui, fidèle à sa légende, apparaît en ombre chinoise. Et puis surtout celle de Charles Johnson, mieux connu sous le nom de The Electrifying Mojo, DJ-radio historique (entre 77 à 98) qui a initié tous les gamins de Detroit à la beauté du groove comme à celle de l’électronique. En diffusant dans ses émissions mythiques, Prince et les B 52’s, Devo et George Clinton, Zapp, Kraftwerk ou Philip Glass (notamment dans la seconde partie de ses shows, sous le titre de Midnight Funk Association), en soutenant et encourageant tous les jeunes pionniers technos, cette personnalité hors du commun a, de l’avis de tous, façonné le paysage musical de Detroit. Intègre, rebelle et inflexible à l’endoctrinement des auditeurs prôné par les programmateurs radios, il passera ainsi de stations en stations (les plus célèbres furent WJLB, WGPR, WHYT et WTWR), faisant découvrir la musique blanche au noirs et vice-versa, ce qui lui vaudra souvent beaucoup de soucis au sein des médias, tous très culturellement ségrégationnistes.<br />
Mais son aura, Mojo le doit aussi à sa voix hypnotique, sa personnalité séductrice, sa manière de s’adresser à ses auditeurs, ses inventions sonores et ses émissions créatives (génériques, montages et reportages inouïs, dont certains extraits sont diffusés dans le film), et son statut mystérieux, puisque comme quelques autres gloires technos, l’homme a toujours voulu rester anonyme, ou du moins sans jamais révéler son visage. Jacqueline Caux l’a tout de même rencontré et le décrit ainsi comme un « Socrate noir », en référence au philosophe grec qui s’adressait à ses disciples derrière un rideau. « Mais c’est plus encore un homme d’humour, joueur, classe et séducteur. Un homme doux, un poète, un type d’une grande conscience politique, et un esprit spirituel qui croit avant tout au pouvoir mystique de la musique ».  C’est sans doute grâce à cela, que cette figure légendaire, et fantasmée par ses auditeurs, a réussi à leur transmettre le feu sacré.</p>
<p>Une édition DVD est prévue fin 2008, courant 2009.</p>
<p><strong>Ecoutez la voix et des extraits des émissions de Mojo sur Youtube :</strong></p>
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<span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='500' height='312' src='http://www.youtube.com/embed/87BsVc7oRds?version=3&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/155/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/155/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=155&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les pionniers de la musique électronique britannique</title>
		<link>http://globaltechno.wordpress.com/2013/02/12/les-pionniers-de-la-musique-electronique-britannique/</link>
		<comments>http://globaltechno.wordpress.com/2013/02/12/les-pionniers-de-la-musique-electronique-britannique/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 12 Feb 2013 20:19:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Leloup</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actu électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de la musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Séance spéciale, avec deux documentaires et une mini-conférence, du cycle Musiquepointdoc à la Gaîté Lyrique : &#34;les pionniers de de la musique électronique britannique&#34;. Le mercredi 20 février à 19h30, Audiorium de la Gaîté Lyrique, 3bis rue Papin &#8211; 75003 Paris. Tarifs : gratuit pour les adhérents / 3 euros / 5 euros Réservations THE DELIAN MODE Réal. : [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1206&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Séance spéciale, avec deux documentaires et une mini-conférence, du cycle Musiquepointdoc à la Gaîté Lyrique : &quot;les pionniers de de la musique électronique britannique&quot;.</h4>
<p>Le mercredi 20 février à 19h30, Audiorium de la Gaîté Lyrique, 3bis rue Papin &#8211; 75003 Paris. Tarifs : gratuit pour les adhérents / 3 euros / 5 euros</p>
<p><a href="http://billetterie.gaite-lyrique.net/gaitelyrique/Seances.aspx?manif=35a76e45-b1ac-42ec-a3a0-000000000077">Réservations</a></p>
<table cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top"></td>
<td valign="top"><b>THE DELIAN MODE </b>Réal. : Kara Blake (Québec, 2008, 25’, vostfr)</p>
<p>Ce film retrace la vie mouvementée de Delia Derbyshire. Pionnière de la musique électronique, elle créa notamment le thème désormais célèbre de la série Doctor Who dans le cadre des ateliers radiophoniques de la BBC. Plongeant dans l’univers créatif de Derbyshire, The Delian Mode transpose l’univers sonore unique de l’artiste, tout en rendant hommage à une femme dont l’influence est toujours aussi déterminante depuis quarante ans.</p>
<div class='embed-vimeo' style='text-align:center;'><iframe src='http://player.vimeo.com/video/9010594' width='400' height='300' frameborder='0'></iframe></div>
<p><b>PRACTICAL ELECTRONICA </b></p>
<p>Réal. : Ian Helliwell (Royaume-Uni, 2012, 61, vostfr)</p>
<p>Portrait de Fred Judd, un ingénieur ayant contribué à l’histoire de la musique électronique britannique. Voici l’histoire d’un ingénieur officiant pour les radars de l’armée pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui, dans les années 50 et 60, s’entoura &#8211; pour ses expérimentations &#8211; de machines monstrueuses, dont un prototype de synthétiseur conçu avec la collaboration de son épouse Freda. Un formidable docu-hommage sur ce précurseur, mélange brillant d’images d’archives, de collages et de séquences animées, par l’un des meilleurs cinéastes expérimentaux actuel (Etrange festival 2012).</p>
<p><a href="http://vimeo.com/32199187"><div class='embed-vimeo' style='text-align:center;'><iframe src='http://player.vimeo.com/video/32199187' width='400' height='300' frameborder='0'></iframe></div></a></p>
<p><b>Séance précédée par &quot;L’âge des pionniers&quot;, une conférence de Jean-Yves Leloup (durée : 30&prime;)</b></p>
<p>Sous la forme d’une mini-conférence, illustrée en sons et en images, Jean-Yves Leloup évoquera le contexte de l’émergence des studios et laboratoires de musique électronique au cours des années 1950 et 1960, en Europe et aux Etats-Unis, et leur influence sur les générations de musiciens qui les ont suivi.</p>
<p><a href="http://globaltechno.wordpress.com/">Jean-Yves Leloup</a> : artiste sonore et DJ au sein du duo Radiomentale, journaliste et critique, il est l’auteur de trois ouvrages, Global Techno (1999), Digital Magma (2007) et La musique électronique (2012), ouvrage gratuit et en ligne, publié par le site Olats.org.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/globaltechno.wordpress.com/1206/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/globaltechno.wordpress.com/1206/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=globaltechno.wordpress.com&#038;blog=2586088&#038;post=1206&#038;subd=globaltechno&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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