Kuduro : French connexions (3)

Texte : Jean-Yves Leloup
Photos : © Frédéric Galliano
Version longue de l’article publié dans Tsugi

En France, sur les dancefloors, le Kuduro gagne du terrain. Tout d’abord circonscris aux soirées de la communauté capverdienne, il a désormais envahi les fêtes afro-antillaises, connaît un petit succès dans les discothèques populaires, attire pas mal de DJs issus de la scène ghetto-tech et séduit enfin une poignée de producteurs enthousiastes qui considèrent le phénomène comme un renouvellement inédit du genre électronique.

angola-mac-live
Dans le 18E arrondissement de Paris, chez le disquaire La rumba africaine, une des très rares boutiques spécialisée en musique lusophone, la très accueillante patronne du lieu nous confirme l’engouement récent de toute une génération pour les tempos syncopés et le phrasé énergique du kuduro. Chez nous, le genre a connu ses premiers succès discographiques il y a environ un an et depuis six mois, les compilations et les DVD (il n’existe pas de vinyles) importés d’Angola et du Cap Vert, parfois via le Portugal, connaissent un véritable engouement, notamment dans la communauté capverdienne, particulièrement importante dans l’hexagone. C’est d’ailleurs chez ce même disquaire que l’on croise le très affable DJ Nays, nouvelle figure déjà reconnue du genre (son premier album est prévu pour le printemps et il accompagne souvent sur scène le prometteur duo des Princes du Kuduro). «Depuis quelques temps, nous dit-il, je n’arrête pas de jouer, à Paris, mais aussi à l’étranger, au Luxembourg, en Suisse, en Hollande, un peu partout où l’on trouve des communautés portugaises ». A l’image de ses (très) jeunes confrères DJ, le trio de Djs, Cabos, Vielo et Anilson ou encore Master Xuxu, Pilasom et Puto X, son succès a rapidement dépassé le cercle des seules fêtes communautaires. « Ces rythmes électroniques, que l’on appelle parfois batida underground », ajoute son pote Cabos, « ont rapidement séduit les gens du hip hop et le public des soirées afro-antillaises ». Depuis, aucune des ces fêtes du 18e ou du 93, souvent torrides et ultra sapées, ne peut se passer de kuduro, le genre rivalisant désormais avec les très populaires zouk, coupé-décalé et autres dancehall.

Culture « choré »
Fait marquant, c’est à travers la danse que le mouvement a pris son essor. Son déhanchement sensuel, son jeu de jambes élégant (très éloignée des chorégraphies hargneuses et spectaculaires des musseques, les ghettos de Luanda) lui ont assuré, via les sites de partage vidéo, une place aux côtés du hip hop et de la tecktonik. En effet, c’est désormais à travers les « chorés », les battles et les teams de danseurs (ici, Les Rois du Kuduro ou NKM) que les nouveaux styles de musiques comme le Kuduro parviennent à s’implanter chez les jeunes des quartiers populaires, un phénomène que l’on avait peu connu en France depuis l’avènement du twist (ambassadeur du rock’n roll) ou du Locomotion (autre danse pionnière et collective). Rien d’étonnant donc à ce que les DVDs aggrémentés de démonstrations et de cours de danses soient si nombreux, et que les compiles commerciales de Kuduro contiennent toutes, comme celles de Tecktonik, leurs petites vidéos d’apprentissages, histoire de briller en teuf, notamment lors des quart d’heure spécial Kuduro qui émaillent de nombreuses soirées.

Galliano l’explorateur
Pourtant, avant que les DJ français d’origine capverdienne, dont la plupart ne sont agées que de vingt ans, ne s’emparent du kuduro, c’est un type de Valence, un peu plus expérimenté et à la peau nettement plus blanche, qui figure parmi les ambassadeurs de ce style angolais.

Vous pouvez retrouver la suite  et la majeure partie de cet article dans le livre « MUSIQUE NON-STOP : POP MUTATIONS ET RÉVOLUTION TECHNO », disponible à partir du 22 mai 2015 aux Éditions Le Mot Et Le Reste.

Site de l’éditeur

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