Une histoire du clubbing et de la discothèque (1943-1987)

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Version longue et inédite d’un article publié dans le hors-série « Club-Culture » du magazine Trax, Juin 2006.

Auteur : Jean-Yves Leloup

Depuis les soirées clandestines des zazous sous l’occupation, jusqu’à ferveur new yorkaise du Paradise Garage, voici en mode accéléré, la story du clubbing et des quarante années festives qui ont précédé l’explosion house et techno.

Où commence l’histoire du clubbing ? Certes, on a sans doute dansé dans quelque grotte préhistorique, sous l’effet de percussions et de plantes hallucinogènes. Bien sûr, les orgies romaines n’ont rien à envier au Studio 54. Et ceux qui ont festoyé dans les jardins de Versailles, à la grande époque, ne s’en sont jamais remis. S’il est évident que l’art de la fête et les rituels de la danse existent depuis des lustres, la culture de la discothèque est quant à elle, plus récente. Depuis quand, en effet, se rassemble-t-on dans la pénombre et sous des lumières chatoyantes, pour danser au son d’une musique dont les pulsations libèrent les corps et les esprits ? Depuis quand les DJs ont-ils pris le pouvoir sur les orchestres et les jukebox ? Ces questions, de nombreux historiens, ainsi que tous ceux qui ont décrit l’épopée de la dance-music, se la sont posée. Et, à lire les ouvrages des spécialistes, notamment Peter Shapiro ou Bill Brewster et Frank Broughton, il est clair que l’âge des platines ne date ni de la techno, ni du hip-hop, mais semble remonter jusqu’à la période la plus noire du XXe siècle, sous l’occupation nazie.

Résistance Swing
Pour Shapiro, auteur de l’excellent, Turn The Beat Around, (voir Trax n°95) les origines du clubbing remontent aux soirées clandestines organisées par les Swing Jugend berlinois et les Zazous parisiens. « L’idée fondamentale de la disco (et par extension, du clubbing, NDR), c’est un DJ jouant une suite spécifique de disques (et pas seulement ce qui est populaire) face à un public ciblé », ce qui était justement le cas chez ces jeunes gens, épris de jazz et de musique noire, habillés de façon capricieuse et exubérante, et qui se rassemblaient de façon clandestine pour écouter, autour d’un gramophone, les plus beaux vinyles swing qu’ils étaient parvenus à sauver de la barbarie nazie. « Le fait de choisir cette époque comme origine symbolique démontre que ce type de phénomène naît de périodes historiques terribles, et qu’il se passe beaucoup de choses sous la surface d’apparence heureuse, des ces musiques festives et insouciantes ». Shapiro signale par ailleurs, outre l’organisation sous l’occupation de soirées privées, jazz et interdites, l’existence d’un lieu hautement symbolique et résistant, nommé La Discothèque, situé Rue de La Huchette. Mais cette info, tirée de Disco, ouvrage légendaire d’Albert Goldman paru en 78, et citée par tous, n’a pourtant jamais été vérifiée. Mais si le mystère demeure donc sur ce lieu parisien où l’on pouvait commander l’écoute d’un disque au même titre qu’un verre de Suze, Brewster et Broughton, auteur de Last Night A DJ Saved My Life, préfèrent quant à eux, en bons anglais, se référer à la figure de Jimmy Saville. Ce personnage excentrique de la culture britannique (catcheur professionnel, présentateur des premiers Top Of The Pops dans les années 60) aurait ainsi décidé, dès 1943, et dans la petite ville d’Otley, dans le West Yorkshire, de faire écouter sa collection de 78 tours au public du week-end, sur une sono encore fragile, et un seul électrophone. Malgré quelques soucis techniques et surtout la fronde des syndicats de musiciens, les soirées suivantes attirent un public croissant, qui pousse alors les promoteurs de Mecca Ballrooms, qui possèdent de nombreuses salles de bal en Grande-Bretagne, à engager Saville dès 1946 pour des fêtes itinérantes qui passeront notamment par Manchester ou Leeds. Comme quoi, dès l’après-guerre, les superclubs anglais se sont toujours assurés la participation des meilleurs DJs.

Vous pouvez retrouver la suite  et la majeure partie de cet article dans le livre « MUSIQUE NON-STOP : POP MUTATIONS ET RÉVOLUTION TECHNO », disponible à partir du 22 mai 2015 aux Éditions Le Mot Et Le Reste.

Site de l’éditeur

6 Responses to “Une histoire du clubbing et de la discothèque (1943-1987)”


  1. 1 polaris 9 mai, 2009 à 2:03

    en lisant le passage sur le clubbing new yorkais je pense a man parrish dont les productions ont su marier les influences de moroder kraftwerk et la musique black americaine d’ailleurs un de ces morceaux s’intitule techno trax
    man parrish connu surtout pour bip hop don’t stop a donner un assez bon morceau electro avec man made

    • 2 Anonyme 23 mai, 2012 à 8:00

      Faux premiére discotecque jazz ouvert en 1946 par endré valdosséra le sportine à Macon avec des éguilles en bois débéne et une platine 78t de jazz idée de l instaler par un ingénieure prisioner alemand

  2. 4 serge kruger 25 juillet, 2014 à 9:39

    j’aurais beaucoup à dire … !!


  1. 1 Une histoire du clubbing et de la discoth&egrav... Rétrolien sur 28 décembre, 2013 à 11:20

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